Prix du Gouverneur général - Élise Turcotte est lauréate

Élise Turcotte
Photo: Élise Turcotte

C'est Élise Turcotte qui a remporté hier le prix du Gouverneur général pour son roman La Maison étrangère dans la catégorie des oeuvres francophones. Ce roman a ainsi déclassé L'Angle mort, de Jean-François Chassay, Le Mangeur de bicyclette, de Larry Tremblay, Music-Hall, de Gaétan Soucy, et Console-moi, de Marie Gagnier.

Jointe par téléphone à Ottawa, où se déroulait la remise des prix, Mme Turcotte s'est dite très contente de cet honneur et de ce roman qui lui a permis, dit-elle, de se rendre à des endroits jusqu'alors inexplorés dans sa quête littéraire. La rédaction de La Maison étrangère lui a demandé quatre ans de travail, qui a d'ailleurs été entrecoupé par la rédaction d'un recueil de poésie intitulé Sombre ménagerie.

En poésie, Pierre Nepveu est lauréat pour Lignes aériennes, un recueil de poésie portant sur l'histoire de l'aéroport de Mirabel. «Ce livre-là est un peu la synthèse de mon histoire personnelle», reconnaît en entrevue M. Nepveu, dont les grands-parents sont nés dans la région de Mirabel et dont des oncles, tantes et cousins ont subi l'expropriation liée à la construction de l'aéroport désormais quasi fantôme. «Il y a des gens qui me demandent si c'est de la poésie engagée, ajoute M. Nepveu. Je ne crois pas que la poésie s'écrive uniquement à partir de la dénonciation ou de l'indignation.» Reste que son texte, qui conserve une dimension intimiste, réagit à l'histoire collective et, ce faisant, inscrit cette histoire dans la mémoire collective. En effet, nous vivons «dans une société qui tend trop vite à oublier», dit M. Nepveu.

En théâtre, c'est une oeuvre s'adressant à un public jeune, Deux pas vers les étoiles, de Jean-Rock Gaudreault, qui a obtenu le prix. M. Gaudreault a ainsi obtenu la faveur du jury au détriment de Wajdi Mouawad, en lice pour Incendies, et de feu Jean-Pierre Ronfard, dont Écriture pour le théâtre, tome 3, était aussi finaliste en compagnie François Létourneau (Cheech) et François Archambault (La Société des loisirs).

Dans le domaine des essais francophones, c'est Raconter et mourir, de Thierry Hentsch, qui remporte le prix. L'ouvrage propose une synthèse des grands récits fondateurs de la civilisation occidentale, de Platon à Descartes en passant par la Bible et Dante.

«Ce livre était une tentative un peu folle et un peu risquée, dit Thierry Hentsch en entrevue. Il s'agissait au départ d'interroger l'imaginaire occidental à travers la lecture des grands récits.» Le prix du Gouverneur général confirme M. Hentsch dans la rédaction du deuxième tome de cet ouvrage de vulgarisation qui portera sa réflexion jusqu'au XXe siècle en étudiant notamment les oeuvres de Don Juan, Faust, Melville et Dostoïevksi.

Le prix de traduction de l'anglais au français a pour sa part été remis à Agnès Guitard pour sa traduction du roman de Linda Leith, Un amour de Salomé.

Du côté des oeuvres de langue anglaise, c'est le roman de Douglas Glover qui a reçu le prix du Gouverneur général cette année pour Elle, que le jury a qualifié d'«histoire grivoise et magique». En poésie, c'est Tim Lilburn qui a conquis le jury avec son recueil Kill-Site. Einstein's Gift, de Vern Thiessen, a remporté le prix en théâtre, et Margaret MacMillan est lauréate dans la catégorie des essais avec Paris 1919 - Six Months That Changed The World. Enfin, en traduction du français à l'anglais, Jane Brierley est lauréate pour sa traduction de Mémoire d'un autre siècle, de Marcel Trudel.