Les 35 ans du Salon du livre de l’Outaouais

On le sait, le temps est relatif, tout comme l’impression qu’il laisse quand il s’écoule. Pour les salons du livre, les dernières années turbopropulsées par le numérique ont été certainement marquantes. « Il y a 35 ans, la disponibilité des livres et des nouveautés en un seul lieu pendant quatre jours était en soi un événement, rappelle la directrice générale, Anne-Marie Trudel, à l’aube de l’édition anniversaire du Salon du livre de l’Outaouais (SLO). Aujourd’hui, on doit offrir une plus-value. Les salons du livre s’axent de plus en plus sur la programmation et offrent un antidote à cette virtualisation qui affecte toute la chaîne du livre. C’est là que le côté événementiel devient plus important. »

 

Les enjeux ont changé depuis les débuts du Salon du livre de l’Outaouais, estime celle qui est depuis cinq ans à la tête de l’événement. « Je pense que c’est très important de sortir de la promotion immédiate d’un livre pour faire interagir des auteurs entre eux. Mais il faut, pour que ça tienne, que la programmation soit axée sur la découverte : celle des idées, des histoires et des auteurs. »

 

Le nouveau SLO se déploiera autour de son 35e anniversaire. Pour « remercier ceux qui ont participé intimement au succès du SLO au cours des années, les bénévoles, éditeurs, auteurs », le Salon proposera des « prestations cadeaux », de petits spectacles de lecture en différents formats. La littérature y sera dite (des vers du poète et cofondateur du Salon Serge Dion par Julie Huard), chantée (Tristan Malavoy et Fredric Gary Comeau), slamée, chuchotée de façon intime sous une ombrelle par des comédiens, dessinée (par le caricaturiste du Droit, Bado). « On mise sur l’oralité pour sortir la littérature et l’emmener aux gens. »

 

La romancière Kim Thuy assure la présidence d’honneur, auprès des invités Carl Leblanc, Alain Deneault, Danielle Vallée, Marie-Louise Gay et Micheline Lachance. Tables rondes, entretiens, animations pour les jeunes et séances de dédicaces nourrissent la programmation, qui compte aussi pour la première fois cette année une entente avec l’Université du Québec en Outaouais. L’UQO produira un débat au Salon et en recevra un en ses murs.

 

Au final, 103 activités se font sur les scènes, quelques-unes hors les murs — dont des lectures dans des résidences pour personnes âgées —, et quelque 400 auteurs participeront à ce SLO.