La nouvelliste Mavis Gallant n'est plus

« Elle était l’une des plus grandes écrivaines que le Canada ait jamais eues, estime le président de McClelland & Stewart.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir « Elle était l’une des plus grandes écrivaines que le Canada ait jamais eues, estime le président de McClelland & Stewart.
Toronto — L’écrivaine Mavis Gallant, née à Montréal, est décédée à l’âge de 91 ans. Si elle a longtemps vécu à Paris, ses oeuvres ont eu un impact important sur la communauté littéraire canadienne. Mardi, de nombreux auteurs, dont Alice Munro et Margaret Atwood, ont tenu à souligner l’importance de son héritage après que l’éditeur McClelland Stewart eut confirmé la nouvelle de sa disparition.

« Elle était, sans exagérer, l’une des plus grandes écrivaines que le Canada ait jamais eues, a estimé le président de McClelland Stewart, Doug Pepper. Audacieuse, brave, honnête, férocement indépendante, Mme Mavis était une auteure fascinante qui a transformé le genre de la nouvelle. »

« Mavis Gallant était une merveilleuse nouvelliste et elle fut une influence positive constante dans ma vie », a confié la nouvelliste canadienne Alice Munro, Prix Nobel de littérature 2013. C’était une « auteure fantastique » qui a aussi contribué à faire grandir la littérature canadienne, a poursuivi l’écrivaine. « La plume de Mavis Gallant a donné l’impression à plusieurs que le Canada avait quelque peu élargi ses horizons. »

La parenté des deux auteures rompues à l’art difficile de la nouvelle a été relevée mardi par l’auteure américaine Joyce Carol Oates sur Twitter : « Mavis Gallant a eu énormément d’influence sur Alice Munro. Le prix Nobel aurait peut-être pu être partagé entre deux grandes auteures canadiennes. »

« Mme Gallant était une très bonne observatrice de la nature humaine, capable d’entretenir des conversations fascinantes, et qui disposait d’une volonté de fer lui ayant permis de tracer sa propre voie, souvent contre vents et marées », a souligné la romancière Margaret Atwood, par voie de communiqué.

Originaire de Montréal, Mavis Gallant a quitté le Canada pour l’Europe en 1950, s’installant finalement à Paris, où elle estimait pouvoir vivre uniquement de l’écriture. Elle aura publié plus d’une centaine de nouvelles, y compris dans le magazine The New Yorker, et était reconnue comme un des maîtres de ce genre littéraire. Elle a également écrit deux romans, Green Water, Green Sky et A Fairly Good Time.

« J’ai été très heureux de constater qu’elle était canadienne et qu’elle était publiée dans le New Yorker, cela nous a donné de l’espoir à tous, s’est souvenu l’auteur torontois Wayson Choy. Son style avait une sorte de texture brillante, intelligente et émotionnelle. Et c’était un style qui lui appartenait en propre. »

Même si elle a vécu à Paris, Mavis Gallant a reçu de grands honneurs au Canada, dont l’Ordre du Canada et le Prix littéraire du Gouverneur général pour l’un de ses recueils, Home Truths : Selected Canadian Stories. En 2002, le festival littéraire Metropolis bleu de Montréal lui décernait son Grand Prix pour l’ensemble de son oeuvre. Cette nouvelliste, essayiste et romancière a aussi reçu le prix Athanase-David, la plus haute distinction accordée par le gouvernement du Québec dans le domaine des lettres.