Zweig chez les Français du Canada

Stefan Zweig<br />
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Photo: Source Grasset Stefan Zweig


 

Peu de lecteurs québécois de Stefan Zweig (1881-1942) savent que le grand écrivain et essayiste allemand a séjourné quelques jours à Québec et à Montréal à l’hiver 1911, lors de son premier voyage en Amérique. Il a même laissé un témoignage émouvant de son passage dans les pages du Frankfurter Zeitung (Francfort), le 25 mars de la même année.

 

Intitulée « Chez les Français du Canada », cette chronique de Zweig, tout en louant l’« admirable ténacité » et la « lutte héroïque » de « ces quelques milliers de Français du Canada » pour conserver leur langue, prévoyait avec un sentiment de tristesse leur assimilation inéluctable à plus ou moins long terme par la culture anglophone dominante, comme cela s’était passé pour les Allemands émigrés aux États-Unis.

 

Enthousiasmé par la découverte de ce court texte, déjà disponible en français sur le Web mais difficile à trouver, un collègue du Devoir, Fabien Deglise, a voulu le rendre plus accessible, dans une nouvelle traduction réalisée au Québec par Véronica Dylle. Il a rédigé une préface qui situe le voyage et le texte de Zweig dans le contexte de l’époque. Offert sur iBookStore d’Apple, ce livre numérique, intitulé Le Québec de Stefan Zweig, est complété par Le joueur d’échecs, nouvelle de Zweig publiée en 1941, également dans une traduction révisée. Le tout est édité en partenariat avec Le Devoir.

 

Toute l’oeuvre de Zweig, comme celle de Robert Musil, est entrée — et non tombée, comme on l’entend trop souvent — dans le domaine public le 1er janvier 2013, soit 70 ans après la mort de l’auteur, comme le prévoit la Loi sur les droits d’auteur. L’an dernier, La Pléiade avait d’ailleurs publié le premier tome des romans, nouvelles et récits de Zweig, en même temps que paraissaient de nouveaux pans de sa correspondance, notamment avec des membres de sa famille (Lettres d’Amérique chez Grasset). Cette année, ce sont entre autres les oeuvres de Simone Weil et de Victor Segalen, de même que toutes les aventures de Sherlock Holmes écrites par Arthur Conan Doyle, qui se retrouvent dans le domaine public.

 

Collaborateur

5 commentaires
  • François Aubry - Abonné 1 février 2014 16 h 54

    Zweig d'Autriche

    Je me permets de rectifier ce que vous avez affirmé au sujet de la nationalité de Zweig : il n'était pas allemand mais autrichien. Plus précisément, il est né à Vienne, qui fut son port d'attache pendant de nombreuses décennies alors qu'il voyageait à travers le monde.

  • France Marcotte - Abonnée 2 février 2014 14 h 25

    Éclair d'outre-tombe

    ...« tout en louant l’« admirable ténacité » et la « lutte héroïque » de « ces quelques milliers de Français du Canada » pour conserver leur langue, prévoyait avec un sentiment de tristesse leur assimilation inéluctable à plus ou moins long terme par la culture anglophone dominante, comme cela s’était passé pour les Allemands émigrés aux États-Unis.»

    Assimilation inéluctable.

    Et ce serait ce que nous serions en train de vivre sans vraiment le percevoir?

    À qui la faute, combien parmi nous sont complices de cette assimilation, y participent?

    • Nicolas Bouchard - Abonné 2 février 2014 18 h 10

      L'assimilation est souvent subtile. Elle est la suite de l'envahissement d’un monde culturel mais également son contraire, donc non-violente. Elle se produit de génération en génération lorsque l'état des choses est accepté comme étant la normalité. Les nouvelles générations n’ont souvent pas de connexion directe avec leurs racines alors elles se départissent souvent de cet héritage culturel comme d’un vieux manteau ne leur servant plus.

      On peut être fier des francophones de l’Amérique doit sut résister à ce phénomène jusqu’à ce jour. Inéluctable? Nous verrons mais le défi est grand car, vivant en juxtaposition avec une puissance culturelle mondiale, le Québec n’a plus que comme « rempart » contre l’attrait de la culture américaine que sa différence de langue. Et certains au Québec considèrent même cette « résistance » comme une honte et se convertiraient dès demain s’ils le pouvaient.

      Nicolas B.

  • France Marcotte - Abonnée 2 février 2014 14 h 33

    L'assimilation tranquille

    À trois vous allez vous endormir, vous ne sentirez rien...

  • François - Inscrit 2 février 2014 21 h 29

    Droit d'auteur

    Une simple mention, les oeuvre de Zweig était entrée dans le domaine pulique au Canada en 1993 (50 ans) après la mort de l'auteur. Le 70 ans en question c'est pour l'Union européenne.