Revue – Lèvres urbaines, anthologie

« On peut lire ici des voix qui cernent le constant va-et-vient entre les corps et les mots », disait en 1983 le poète Claude Beausoleil dans le tout premier numéro de la revue de création poétique Lèvres urbaines, cofondée avec Michael Delisle. Pour souligner ses 30 ans d’existence, pas de bilan, mais plutôt des fragments et extraits de poèmes, parfois une seule phrase, tirés de chacune des publications antérieures. On parcourt ce numéro un peu comme on regarde un collage, rebondissant de style en style, de vers en vers, se souvenant de disparus — Anne-Marie Alonzo, Gaston Miron, Thérèse Renaud —, retrouvant les voix antérieures de ceux qui ont fait et font encore la poésie, ici, aujourd’hui. Jean-Paul Daoust, Yolande Villemaire, Margaret Atwood, Nicole Brossard, Jean-François Poupart, Herménégilde Chiasson, Élise Turcotte, entre autres, car ils sont trop nombreux pour être tous nommés, en sont, et leurs mots, ainsi scindés, en rafale sur la page, étourdissent presque. En deuxième partie, Tu dis Montréal, de Claude Beausoleil, série de poèmes qu’il a écrits en tant que premier Poète de la Cité de la ville.