Littérature - Jeunesses d’aujourd’hui

Il est hyperactif, ce jeune auteur et acteur touche à tout. Après avoir tâté du théâtre, du roman pour adultes un peu ados, des albums pour les petits, Simon Boulerice s’adresse franchement aux adolescents (et probablement plus aux adolescentes) avec deux titres parus la saison dernière. Deux romans conjugués à la première personne, par deux jeunes de 15 ans au premier abord bien ordinaires, mais qui se distinguent tout de même du lot parce qu’ils ne font pas les choses comme les autres. C’est du moins ce qu’ils souhaitent.

 

Lettres de maigreur

 

Jeanne Moreau a le sourire à l’envers aborde un sujet rarissime en littérature, l’anorexie masculine, sur fond de correspondance épistolaire « à l’ancienne » entre le héros, Léon, et son amie de lettres, Léonie. La maladie peu commune qui ronge Antoine, le grand frère de Léon, un grand amateur des films de la Nouvelle Vague française, hante tout le roman, mais éclate au grand jour quand Léonie rend enfin visite à son correspondant. Petits mensonges, amours naissantes et troublées et références abondantes aux films de François Truffaut (jusque dans le titre) essaiment cette histoire plutôt classique, dont il émane une atmosphère d’un autre âge, qui pourrait également plaire à ceux qui ont vécu cet âge dit ingrat quelque part à la fin du XXe siècle.

 

M’as-tu vu, premier tome d’une série qui suivra les aventures de Cybèle Campeau-Grégoire, est pour sa part un roman du XXIe siècle. L’école de la rousse héroïne est prise d’assaut par une téléréalité diffusée par une chaîne qui évoque VRAK.TV, après les efforts de la plus populaire, belle et ambitieuse fille de l’école, qui n’est pourtant pas la plus intelligente… La narratrice, qui se trouve déjà moche et quelconque, a une peur bleue d’apparaître à l’écran à la suite d’un commentaire désobligeant de la directrice de l’école. Elle raconte son quotidien bouleversé par cette médiatisation qu’elle méprise. Ici se trouvent des thèmes récurrents en littérature jeunesse : la difficile acceptation de soi, les manoeuvres hypocrites et blessantes, les amours troubles et les relations houleuses avec les parents, cette fois abondamment arrosés de références à la culture populaire actuelle. Peut-être un peu trop. Le public ciblé ne sera peut-être pas du même avis…

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