Les libéraux s’opposent au prix réglementé du livre

Christine St-Pierre
Photo: Pedro Ruiz - Archives Le Devoir Christine St-Pierre

Le Parti libéral du Québec (PLQ) a statué : il s’opposera au projet de loi sur le prix des livres neufs du ministre de la Culture Maka Kotto.

 

La porte-parole de l’opposition officielle en matière de culture, Christine St-Pierre, se baladait pourtant au récent Salon du livre de Montréal en arborant le macaron du mouvement Sauvons les livres, qui réclame un prix réglementé. Mais le PLQ a choisi de rejoindre la Coalition avenir Québec et de ne pas appuyer le projet de loi qui devrait être déposé lors de la prochaine session parlementaire.

 

« Nous en venons à la conclusion que la proposition du ministre n’est pas dans l’intérêt des consommateurs, que les consommateurs qui achètent leurs livres dans les grandes surfaces n’iraient pas vers les librairies, que sans l’escompte qu’ils auraient dans les premières semaines dans les grandes surfaces, le consommateur est perdant », a indiqué Mme St-Pierre en entrevue au Devoir. Il faut aider les librairies indépendantes avec des mesures concrètes, comme on le fait dans le domaine de l’alimentation et dans d’autres domaines, comme pour les PME, les commerces, a poursuivi l’ancienne ministre de la Culture. « Nous voulons que ce dossier sorte des mains du ministre de la Culture et se rende du côté du ministère des Finances. Les cordons de la bourse sont là. »

 

Le mouvement Sauvons les livres s’est déclaré, par le biais de sa porte-parole Élodie Comtois, des éditions Écosociété, « profondément en colère ». Pour le groupe, « le PLQ prétend défendre le consommateur alors que c’est justement l’absence de réglementation qui nuit au lecteur consommateur. Tous les exemples à l’international le prouvent, de la France à l’Allemagne, en passant par le Mexique et le Japon. C’est en conservant une saine concurrence grâce à un grand nombre de points de vente que le prix des livres restera stable, comme cela est le cas dans tous les pays qui ont réglementé. »

 

En agissant ainsi, poursuit Mme Comtois, le PLQ privilégie les calculs électoraux à court terme aux dépens du débat crucial sur l’accès à la lecture et à la culture. « Mme St-Pierre parle de mesures concrètes et immédiates, or toutes les mesures qui ne seront pas structurées par une réglementation sont vaines. M. Philippe Couillard sait que le domaine pharmaceutique a besoin d’un délai de protection avant de permettre le libre marché absolu sur les molécules, et ce, afin d’encourager la recherche. Dans le domaine du livre, la nécessité est aussi cruciale, la différence est qu’au lieu de réclamer 20
ans, nous demandons neuf mois. »

 

Déception et abanton

 

Christine St-Pierre comprend la déception du milieu du livre. « J’ai dit que j’allais tenter de faire l’exercice, je l’ai fait. On a discuté, on a analysé la situation, avec le caucus on est venu à la conclusion que la preuve n’a pas été faite que ça allait dans l’intérêt des consommateurs. »

 

Et l’idée, comme Fatima Houda-Pepin l’a fait pour la charte de la laïcité, de continuer à porter malgré tout l’idée de Sauvons les livres face à son parti ? « Moi je suis une fille d’équipe, je vais demeurer fidèle aux valeurs de mon parti, je travaille en équipe »,tranche Mme St-Pierre.

 

De son côté, Françoise David, de Québec solidaire, accuse libéraux et caquistes d’abandonner les librairies indépendantes. Comme Mme St-Pierre, la députée de Gouin se demande pourquoi Maka Kotto n’a pas déposé immédiatement son projet. « Tient-il vraiment à son projet de loi ? Son gouvernement l’appuie-t-il ? », demandait Mme David dans son communiqué. « Le ministre a fait une conférence de presse alors qu’il restait du temps pour déposer son projet, indique de son côté Mme St-Pierre, pour faire du vent. »

 

 

Avec Karl Rettino-Parazelli

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12 commentaires
  • Pierre Labelle - Inscrit 6 décembre 2013 06 h 41

    Et tes principes Christine....

    Quand tu renie tes principes pour des raisons superficielles comme:"Moi je suis une fille d'équipe", c'est que tes supposés principes n'ont pas de racines. À part cela je pourrais ajouter; quelle équipe....

    • Daniel Gagnon - Abonné 6 décembre 2013 18 h 12

      Oui quelle équipe en effet!

      Est-ce que le parti libéral défendait les consommateurs quand il permettait les dépassements de coûts pour leurs amis ? Et voilà qu'ils défendent les Costco et compagnie aux dépens des petites entreprises, des petites librairies du Québec: Quelle hypocrisie!

      Pourquoi l'ex-ministre de la Culture ne cherche-t-elle pas un tant soit peu à redorer l'image de cette équipe qui aimait bien voguer sur le 'Touch', le yatch d'Arcusso?

      La règlementation, ça protège le choix, ça va profiter aux consommateurs, non?

      Christine St-Pierre pense-t-elle honnêtement que les grandes surfaces vont garder un fonds riche et varié de livres en français pour les lecteurs et lectrices francophones?

  • Gilles Delisle - Inscrit 6 décembre 2013 07 h 38

    Bien évidemment!

    Les libéraux nous montre encore une fois leur petitesse et leur fermeture à tout projet ou mesure qui soit un tant soit peu progressiste. C'est dans l'ordre des choses et les citoyens devront se rappeller de cette attitude rétrograde de ce parti.

  • Marcel Bernier - Inscrit 6 décembre 2013 08 h 02

    Une intellectuelle de haut vol...

    Madame St-Pierre continue à nous étonner. Jamais nous n'aurions cru que cette ancienne journaliste pouvait considérer les Québécois et les Québécoises autrement que comme des citoyens et des citoyennes : c'est la seule façon de se situer, en tant que parlementaires, par rapport à ceux et celles qui les ont élus-es.
    Eh non! Ce sont des consommateurs et des consommatrices.
    Clientélisme, quand tu nous tiens!

  • Josette Allard - Inscrite 6 décembre 2013 08 h 11

    Opposition libérale

    Ils s'opposent à tout, juste pour le plaisir de s'opposer.

  • Michel Mondat - Inscrit 6 décembre 2013 08 h 24

    Contre tout!

    Le parti libéral est de mauvaise foi dans plusieurs dossiers.
    Ce n'est pas très compliqué à comprendre, les libéraux sont contre tous les projets de loi proposés par le parti québécois.
    Pour des fins uniquement électoralistes.
    Les petis chiens de poche libéraux sont restés fidèles à la méthode de John James Charest, on bouge la queue quand Couillard le demande, on jappe quand le chef l'exige et on donne la patte pour montrer qu'on est bien dressé.
    Wouf! Wouf!

    • Pierre Labelle - Inscrit 6 décembre 2013 10 h 37

      Il y a quand même une petite différence avec la méthode de John James, quelques fois c'est Couillard qui est obligé de bouger la queue et de japper car son troupeau le ramène à l'ordre (lire sur la Charte).