Prix du livre: le projet de loi serait compromis

Tout indique que le Parti libéral du Québec se joint à la Coalition avenir Québec et qu'il n'appuierait pas le projet de loi qui devrait être déposé lors de la prochaine session parlementaire.
Photo: Pedro Ruiz - Archives Le Devoir Tout indique que le Parti libéral du Québec se joint à la Coalition avenir Québec et qu'il n'appuierait pas le projet de loi qui devrait être déposé lors de la prochaine session parlementaire.

Le projet de loi du ministre de la Culture Maka Kotto pour encadrer le prix des livres neufs serait compromis avant son dépôt officiel.

Tout indique que le Parti libéral du Québec (PLQ) se joint à la Coalition avenir Québec (CAQ) et qu'il n'appuierait pas le projet de loi qui devrait être déposé lors de la prochaine session parlementaire. C'est du moins ce que rapporte l'Agence QMI.

Ce refus est venu mercredi soir de la bouche de la porte-parole de l'opposition officielle en matière de culture, Christine St-Pierre. Comme la CAQ, les libéraux craignent que les dispositions du projet de loi nuisent aux consommateurs. Mme St-Pierre avait indiqué lundi vouloir aider les librairies indépendantes, sans toutefois se prononcer explicitement sur le projet de loi.

Dès l'annonce des grandes lignes du projet de loi, la CAQ a manifesté son opposition à l'initiative péquiste, prétextant que la réglementation pénaliserait les consommateurs par une hausse des prix et occasionnerait une baisse des ventes.

En conférence de presse en début de semaine, le ministre Kotto a annoncé son intention de limiter à 10% les rabais consentis par les libraires et les détaillants dans les neuf premiers mois de vie d'un livre. L'efficacité de cette mesure serait évaluée après trois ans.
22 commentaires
  • Frédéric Lord - Inscrit 4 décembre 2013 22 h 01

    Bonne nouvelle.

    Enfin l'opposition se tiendrait debout devant ce gouvernement d'incompétents !!

    Enfin une bonne nouvelle.

    • Guillaume Houle - Inscrit 6 décembre 2013 08 h 16

      Oui, les compagnies étrangères qui pompent nos dollars vers les États-Unis et ailleurs dans le monde doivent se réjouir, tous comme les riches collaborationnistes qui s'y accrochent!

  • François Bélanger Boisclair - Inscrit 4 décembre 2013 22 h 56

    Projet de loi contre le consommateur

    Ce projet de loi est au détriment du consommateur. Il vise une augmentation du prix des livres pour percevoir plus de taxes. Cette politique est aussi nuisible économiquement pour les commerces. Si le livre est trop cher au Québec, je ferais mes achats via Amazon ou d’autres sites en lignes. Quand la commande est consolidée, il est possible d’économiser par rapport au prix malgré les frais de port.

    • Guillaume Houle - Inscrit 6 décembre 2013 08 h 20

      Il est faux de prétendre que le projet de loi vise à augmenter les prix. Quand on argumente, il faut utiliser des faits et non des émotions ou des perceptions.

      C'est l'éditeur qui détermine le prix du livre. Si un livre se vend 20$, c'est parce que l'éditeur l'a déterminé. Si un grossiste étranger le vend moins cher, on appelle ça un « rabais ». Par conséquent, le prix est plus bas qu'il devrait être.

      Bref, puisque votre argumentaire repose sur l'émotion et non sur les faits, il est non valide. Par conséquent, vous devriez supprimer ou rectifier votre affirmation, qui est erronnée.

  • Gabriel Biron - Inscrit 4 décembre 2013 23 h 02

    Comment aider les petites librairies

    Il serait facile pour les petites librairies de compétitionner les grandes surfaces. Tout ce qu'il y a à faire c'est une coop d'achat. Exemple, si Costco decide d'acheter 6000 copies du dernier Michel Tremblay, il aura un prix de l'éditeur qui lui permettra de vendre ce volume à prix hyper compétitif Mais si les libraires s'organisent ensemble et font leur achat en coopérative alors ils auront un nombre de volumes plus grand que Costco et donc ils auront un prix compétitif. Personnellement si les libraires sont intéressés, je mettrais en branle cette coop et chargerais 1.00$ du volume pour mon administration. Voilà, simple mais qui demande que les libraires acceptent de travailler ensemble pour leurs achats.

    • Guillaume Houle - Inscrit 6 décembre 2013 08 h 21

      Je crois que la Coopsco utilise un modèle similaire pour les librairies universitaires et collégiales. À voir.

    • Luc Roberge - Abonné 6 décembre 2013 20 h 56

      Malheureusement, cette solution, en principe intéressante, n’en est pas une. Sauf exception, les magasins de grande surface ne paient pas leurs livres moins cher que la plus petite des libraires. Ces grands détaillants offrent une réduction de prix au consommateur en réduisant leur marge bénéficiaire.

  • Daniel Gagnon - Abonné 4 décembre 2013 23 h 22

    Un acte de barbarie

    À l’heure où l’armée de microdrones du géant carnassier Amazon est à nos portes, le désir du casser le projet de loi du ministre de la Culture Maka Kotto pour encadrer le prix des livres neufs avant son dépôt officiel est, de la part de l’opposition, un acte de barbarie.

    L'ignorance et l'incompétence ne cessent de se manifester dans les moindres gestes de la CAC de Monsieur Legault qui se conduit comme un illettré. Et Christine St-Pierre, décidément, si elle croit apercevoir au loin un appui du milieu culturel, elle vit dans sa bulle narcissique cousue de fil blanc par les bons soins de son parti libéral.

    Car c’est cela cette intention de casser le projet d’encadrement du livre, c’est permettre la sauvagerie de ce qui arrive aux petites librairies qui ferment leurs les unes après les autres, c’est acquiescer à l’étranglement de notre culture, c’est voir arriver sans bouger la fin de la belle variété des livres et du merveilleux éventail de nos livres si riches, si denses, si intenses, si pleins de nous.

    • Frédéric Lord - Inscrit 5 décembre 2013 08 h 02

      Bienvenue dans les années 2010, M. Gagnon!

      La monde d'aujourd'hui évolue à un rythme d'enfer. C'est l'ère du numérique et des grandes surfaces, ne vous en déplaise.

      Croyez-vous sérieusement qu'une famille de classe moyenne, déjà étouffée par le fisc et les différents tarifs et taxes qu'elle doit payer, a les moyens de se payer ça?

      Soyons sérieux deux minutes.

      La lecture doit être au contraire accessible à tous et ce n'est pas en légiférant de la sorte avec des lois élitistes qu'on incitera nos enfants à la lecture, car, plus personne n'en achètera car ils seront trop cher.

      Pour preuve, en France il existe une telle législation depuis le début des années 1980 et les ventes n'ont cessé de diminuer.

      Ces lois tuent l'industrie du livre plus qu'elle ne l'aide.

      Nous ne sommes plus dans les années 1960, M. Gagnon.

    • Daniel Gagnon - Abonné 5 décembre 2013 10 h 36

      Je vous remercie de vos bons souhaits, Monsieur Lord, autrement dit, au nom de votre vision de la modernité, allons tous nous faire pendre, et rasons nos maisons d'édition et abandonnons tout notre réseau au profit des grandes machines aveugles du profit...

      Votre argument fondé sur la jeunesse est peu sérieux et insulte la persévérance et la fidélité du milieu culturel qui est notre souffle de vie.

      Toutes les statistiques démontrent que la part du marché du livre numérique s'est stabilisé et qu'il s'agit en fait de deux marchés différents, et au contraire de ce que vous avancez, ce type de loi a effectivement protégé le livre dans plusieurs pays et n'a pas influé sur le prix à la hausse.

      Une librairie, offre une expérience que les grandes surfaces n’offrent pas, proposent un éventail plus large, un fonds de livres plus ample de livres, donc un meilleur service pour les lecteurs et lectrices.

      La lecture n'est pas une affaire d'élite, comme vous semblez le croire, c'est plutôt ce qui fait avancer notre société et contribue à ouvrir les esprits, c’est plutôt ce qui nous aide à nous développer comme société juste et égalitaire.

      Si vous pensez que vous payez trop d'impôt, Monsieur Lord, pourquoi ne pas viser les abris fiscaux, et l'argent de la mafia, pourquoi ne pas exiger qu'on mette fin à la corruption qui gangrène nos biens : des sommes faramineuses échappent au fisc, nous paierions moins d'impôt si les lois étaient plus rigoureuses dans ce domaine.

    • Danielle Marcotte - Abonnée 5 décembre 2013 10 h 39

      Monsieur Lord,

      Ce qui coûtait 100 $ en 2002, on le payait en moyenne 115 $ en 2012. En fait, 116 $ pour la nourriture, 133 $ pour le logement et l'entretien du foyer, et... 104 $ pour les loisirs, l'éducation et la lecture. (Selon Statistiques Canada)

      Le marché semble donc vous donner raison et veille à l'accessibilité de la lecture en n'augmentant pas de manière inconsidérée le prix des livres. Les créateurs et l'ensemble du milieu de l'édition paie cependant la note pour cette mesure: les dépenses ordinaires (loyers, frais généraux, salaires, etc.) augmentent, mais pas les revenus.

      Cette loi n'est pas élitiste. Elle vise seulement à permettre la diffusion de tous les livres, y compris dans leur version numérique, et pas seulement de 300 best-sellers par année, soit "l'élite", selon Costco.

    • Daniel Gagnon - Abonné 5 décembre 2013 11 h 29

      Monsieur Lord, autrement dit rasons nos maisons d'édition et abandonnons tout notre réseau au profit des grandes machines aveugles du profit...

      Votre argument fondé sur la jeunesse est peu sérieux et insulte la persévérance et la fidélité du milieu culturel.

      Toutes les statistiques démontrent que la part du marché du livre numérique s'est stabilisée et qu'il s'agit en fait de deux marchés différents.

      Une librairie, offre une expérience que les grandes surfaces n’offrent pas, propose un éventail plus large, un fonds plus ample de livres, donc un meilleur service pour les lecteurs et lectrices.

      La lecture n'est pas une affaire d'élite, c'est plutôt ce qui fait avancer notre société et contribue à ouvrir les esprits, c’est plutôt ce qui nous aide à nous développer comme société juste et égalitaire.

      Si vous pensez que vous payez trop d'impôt, pourquoi ne pas viser les abris fiscaux, et l'argent de la mafia, pourquoi ne pas exiger qu'on mette fin à la corruption qui gangrène nos biens : des sommes faramineuses échappent au fisc, nous paierions moins d'impôt si les lois étaient plus rigoureuses dans ce domaine.

    • Colin Benoît - Abonné 5 décembre 2013 11 h 44

      À M. Lord:

      Le consumérisme en matière de culture est une menace à la diversité: seuls les "gros" noms auront leur place sur les tablettes des grandes surfaces, les romans y écraseront les recueils de poésie et les essais, les librairies de quartier continuerons de fermer. Dans les grandes surfaces, nous sommes conseiller pour l'achat de nos livres par des adolescents sans culture et non des libraires.

      La qualité et la diversité a un prix, particulièrement en culture. Une famille à faible revenu peu aller emprunter des livres à la bibliothèque GRATUITEMENT !

  • Danielle Marcotte - Abonnée 5 décembre 2013 10 h 16

    Une attitude méprisante

    La mesure proposée par Maka Kotto arrive enfin. Attendue depuis des années, elle est demandée, d’une voix unie, par les acteurs du livre.

    L’attitude de la CAQ et du PLQ, à défaut d’être surprenante, est choquante et, oui, barbare. Elle relève de la partisannerie et ne repose sur aucun argument solide. Celle de Christine St-Pierre est même hypocrite. De manière répétée, en commission parlementaire et en Chambre, la porte-parole de l'opposition officielle en matière de culture (et ancienne ministre de la Culture, soulignons-le) a affirmé vouloir défendre le milieu et a pressé le ministre d’agir. Pourquoi ? Elle n’a même pas l’intention de donner sa chance à un banc d’essai de trois ans!

    Telle est la solution proposée par M. Kotto. La mesure a fait ses preuves ailleurs. Son absence a autre part entraîné la disparition de libraires et d’éditeurs, laissant les auteurs sans voix et les lecteurs appauvris. M. Kotto dit : essayons cela ici durant 3 ans, et voyons.

    N’est-ce pas la « voie du gros bon sens », si chère à la CAQ ? J’aimerais bien que l’on m’explique en quoi cette réglementation pénaliserait les consommateurs. (Je parle de l’ensemble du lectorat, pas seulement de la minorité qui a les moyens de débourser des frais d’adhésion de 55 $ par année chez Costco pour y économiser 5$ sur un best-seller.) Le contraire a été formellement démontré par une très large majorité des mémoires déposés en Commission parlementaire. Il faut carrément de mauvaise foi pour ne pas le comprendre.

    Les réactions négatives et autres solutions farfelues proposées ci-dessus reposent sur une navrante (mais excusable) méconnaissance de l’industrie du livre. Penser que les libraires ne savent pas s’organiser est méprisant. Ces réactions m’étonnent de la part de lecteurs du Devoir, que je pensais plus enclins à défendre la culture. En tout cas, plus posés et à même de réfléchir aux différents aspects d’une affaire avant de se prononcer sur le fond. Je suis déçue et triste.