La zizanie se poursuit dans la famille Uderzo

Le torchon brûle dans la famille du dessinateur depuis 2007. Ici, une photo d'Albert Uderzo en 2005.
Photo: La Presse canadienne (photo) AP Photo/Joerg Sarbach (Archives) Le torchon brûle dans la famille du dessinateur depuis 2007. Ici, une photo d'Albert Uderzo en 2005.

Le grand fossé se creuse et la zizanie se poursuit entre le bédéiste Albert Uderzo et sa fille. Lundi, par l’entremise de son avocat, le dessinateur d’Astérix et Obélix a déposé une plainte formelle contre Sylvie Uderzo et son époux, Bernard de Choisy, pour « violence psychologique ». Cette procédure marque un nouvel épisode dans la guerre de tranchées qui fait rage depuis quelques années dans la tribu Uderzo autour du patrimoine dessiné et de sa gestion.

« Nous avons décidé de faire comprendre à Sylvie Uderzo et à son mari que nous n’allons pas nous laisser faire », a indiqué à l’Agence France Presse (AFP) l’avocat du bédéiste, Pierre Cornut-Gentille, tout en faisant référence à une plainte contre X déposée en 2011 par la fille d’Uderzo pour abus de faiblesse envers son père. « On s’achemine vers un non-lieu [dans ce dossier], a-t-il ajouté, mais on pense qu’elle va faire appel. »

Le torchon brûle dans la famille du dessinateur depuis 2007, année où Sylvie et son mari ont été licenciés des Éditions Albert-René, la société qui gère les albums d’Astérix mise au monde après le décès prématuré du cocréateur de cet univers, René Goscinny, en 1977. Paradoxalement, Le grand fossé (1980) est le premier titre à nourrir cette nouvelle entité éditoriale désormais au cœur des déchirements familiaux. Des divergences d’opinions concernant la gestion de ce patrimoine ont été à l’origine de ces deux « remerciements ».

L’année suivante, la vente des Éditions Albert-René à Hachette a ajouté des bûches sur les braises, Sylvie s’opposant à cette vente, refusant d’abord de vendre les parts qu’elle détenait dans la maison d’édition, puis accusant publiquement et juridiquement l’entourage de son père d’abuser de son vieil âge. Le dessinateur a aujourd’hui 86 ans.

En octobre dernier, à quelques jours du lancement du nouvel épisode des aventures d’Astérix, Sylvie Uderzo en rajoutait avec une nouvelle plainte ciblant cette fois l’expert-comptable de son père, que la fille accuse désormais de « faux témoignage ».

Par voie de communiqué, Albert Uderzo et sa femme, Ada, estiment que cette accumulation de procédures démontre « que leur fille et son mari ne veulent à aucun prix d’une réconciliation, introduisent et font prolonger des procédures judiciaires qui ne reposent sur aucun fondement », ont-ils indiqué. « Ces actes ont pour unique objet de porter atteinte à notre intégrité psychologique, de hâter notre affaiblissement pour mettre la main sur notre patrimoine qu’ils convoitent », ajoutent-ils pour justifier la citation à comparaître devant le tribunal correctionnel de Nanterre, dans la région parisienne, des « époux De Choisy pour violence psychologique ».

Le «copaternel» d’Astérix dit ainsi vouloir se défendre « de la procédure abusive, humiliante, que constitue la plainte déposée pour abus de faiblesse » par sa fille « et [ses] tentatives d’en prolonger les effets ».

Cette guerre de famille s’étire depuis des années autour d’un empire médiatique et ludique qui peut avoir les allures d’un chaudron convoité par beaucoup de personnes. L’univers bédéesque d’Astérix est l’un des plus vendus dans le monde. À ce jour, plus de 350 millions d’albums ont été disséminés dans la nature, et ce, dans près de 110 langues et dialectes.