Décès de l’éditeur André Schiffrin

L’éditeur André Schiffrin est décédé à 78 ans d’un cancer du pancréas.
Photo: Jean-François Nadeau L’éditeur André Schiffrin est décédé à 78 ans d’un cancer du pancréas.

L’éditeur André Schiffrin, français américanisé reconnu pour avoir traduit et fait connaître aux États-Unis les Foucault, Sartre, de Beauvoir, Duras et consorts, est décédé à 78 ans d’un cancer du pancréas. L’homme était aussi auteur, et critiquait dans ses essais les médias et l’édition. Il a signé L’édition sans éditeur (1999), Le contrôle de la parole (2005), Allers-retours (2007) et L’argent et les mots (2010, tous aux éditions La Fabrique).

 

André Schiffrin se démarque rapidement en édition américaine en devenant en 1961 directeur de Pantheon Books. Il aura maille à partir avec la direction de la maison mère, Random House, qui le pousse à une démission forcée alors que Pantheon perd 3 millions de dollars, et que Schiffrin demeure indomptable, malgré cette situation financière, sur sa vision de l’édition. Plusieurs auteurs de Pantheon quittent alors la maison en guise de protestation.

 

André Schiffrin démarre ensuite en 1991 sa propre maison, à but non lucratif, The New Press. Il y publie ce qui est considéré ailleurs impubliable : Noam Chomsky, Claude Simon, Jean Echenoz, entre autres, Il continuera toujours à défendre un modèle d’édition sans but lucratif, fustigeant dans ses essais une industrie de plus en plus tournée vers les ouvrages faciles et divertissants, menée par l’appât du gain davantage que par la recherche de la perle littéraire.

 

André Schiffrin était fils de…, et il n’est pas dur d’imaginer qu’il a hérité par le sang de son talent d’éditeur. Son père, Jacques Schiffrin (1892-1905), est l’homme qui a créé la prestigieuse Bibliothèque de la Pléiade des éditions Gallimard en 1933. Immigrant russe et juif en France, le père, renvoyé par Gallimard, doit en 1940, fuir avec sa famille les lois antisémites et l’invasion nazie, cherchant finalement asile à New York. Ce sont ces années qu’André Schiffrin narre dans ses mémoires Allers-retours.

1 commentaire
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 2 décembre 2013 23 h 00

    «Jacques Schiffrin (1892-1950)» et non

    «Jacques Schiffrin (1892-1905)».