Bande dessinée - Les finalistes du Grand Prix de la critique sont révélés

La couverture de Mauvais Genre (Delcourt) de Chloé Cruchaudet
Photo: La couverture de Mauvais Genre (Delcourt) de Chloé Cruchaudet

C’est écrit dans le scénario : il y aura un vainqueur en 2014 du Grand Prix de la critique, remis chaque année par l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD). Et les aspirants à ce titre prestigieux sont désormais connus.

 

Des noms ? Parmi les 5 finalistes, choisis par les 69 membres de ce regroupement international de critiques et de journalistes spécialisés dans la couverture du 9e art partout dans la francophonie, on retrouve Mauvais Genre (Delcourt) de Chloé Cruchaudet. Inspiré du roman La garçonne et l’assassin (Payot), signé Fabrice Virgili et Danièle Voldman, ce récit en images plonge dans le quotidien de Paul, un poilu de la Première Guerre mondiale qui, pour fuir l’enfer des tranchées, va vivre sa désertion pendant plusieurs années dans la peau d’une femme. Non sans conséquences.

 

La fuite est aussi à l’honneur dans le tome 2 de Kililana Song (Futuropolis) de Benjamin Flao qui, avec ce récit en couleur, nous transporte à nouveau au large du Kenya, dans l’archipel de Lamu. Un petit garçon qui préfère l’école buissonnière à l’école coranique est encore au large, recherché par son frère, mais protégé par un vieux fou, sans doute un peu sage.

 

Autre rencontre improbable ? Celle d’Annie Sullivan Helen Keller (Çà et là/Cambourakis) racontée par Joseph Lambert qui retrace dans cet album la jeunesse d’une personnalité marquante des États-Unis : Helen Keller, militante des droits des aveugles, dont la vie a été transformée par une gouvernante, Annie Sullivan, vers 1880. L’une n’était qu’une enfant devenue aveugle à 19 mois. L’autre, une étudiante bornée et persévérante qui l’a aidée à sortir du noir.

 

Tout cela se passe dans une maison, comme d’ailleurs Melville (Le Lombard) de Romain Renard, autre titre dans la course. Sous la couverture : le lecteur va frayer un instant avec la dépression de Samuel Beauclair, fils de romancier, qui va se cacher à Melville, dans la maison de son père, lui aussi écrivain, dans l’espoir de retrouver l’inspiration. Régina, elle, dans La propriété (Actes Sud) de Rutu Modan, va plutôt retourner avec sa petite-fille à Varsovie pour récupérer la maison familiale que les Allemands leur avaient volée pendant la Seconde Guerre mondiale. Et explorer passé et secrets…

 

Le lauréat du Grand Prix de la Critique, sorte de prix Renaudot du 9e art, sera dévoilé le 9 décembre. L’an dernier, il avait été remis à Emmanuel Guibert pour L’enfance d’Alan (L’Association).


Le journaliste Fabien Deglise est membre de l’ACBD.