Prix unique du livre: pas de projet de loi en vue

Maka Kotto
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Maka Kotto

La remise du prix Québec/Wallonie-Bruxelles de littérature de jeunesse tenue vendredi au Salon du livre de Montréal en présence du ministre de la Culture, Maka Kotto, a été interrompue par le regroupement Sauvons les livres. Une cinquantaine d’acteurs du milieu littéraire ont défilé en silence en allant déposer un monceau de livres sur la scène, juste devant le ministre Kotto qui, au terme de la démonstration, a applaudi l’initiative, sans pour autant fournir une réponse définitive aux manifestants.

 

Muni d’un porte-voix, l’auteur Tristan Malavoy-Racine a invité le ministre Kotto à indiquer quand il comptait déposer un projet de loi pour réglementer le prix des livres au Québec. « Je vous arriverai avec une position claire d’ici quelques jours, mais souffrez, encore quelques jours, afin que le Conseil des ministres lui-même soit saisi du contenu de la position que je vais présenter. »

 

Questionné par les médias peu après, le ministre de la Culture a précisé sa pensée. « Nous avons pris à coeur ce dossier depuis que nous sommes arrivés et, lors de la dernière élection, nous avons pris l’engagement de tenir une commission parlementaire portant sur la pertinence de légiférer sur le prix plancher du livre neuf physique et numérique. Cette commission a été tenue ; c’est un engagement qui a été respecté. Maintenant, nous avons pris l’initiative d’aller plus loin, c’est-à-dire apporter des solutions », a-t-il insisté.

 

Or, il appert que pour le moment, ces solutions n’incluent pas le dépôt d’un projet de loi. « Je donnerai la position du gouvernement sur la position des enjeux touchant le prix plancher du livre et des solutions alternatives d’ici quelques jours, a répété le ministre. Avant les Fêtes, en somme […] Je ne parle pas de projet de loi. Je parle d’une série de mesures dont je ne peux pas dire le contenu ici aujourd’hui […] Je m’abstiens de faire tout commentaire relativement à la résolution que je présente au Conseil des ministres, résolution qui est en train de faire l’épreuve de tous les comités ministériels touchés de près ou de loin par les enjeux touchant au livre. »

 

Le milieu s’impatiente

 

Lors du point de presse improvisé, Maka Kotto a réaffirmé être préoccupé par la survie du réseau des librairies indépendantes, laquelle survie dépendrait, selon plusieurs intervenants du milieu, de l’imposition d’un prix unique du livre. Lors de l’ouverture mercredi du 36e Salon du livre de Montréal, le ministre Kotto avait affirmé à cet égard que sa position ne se situerait ni du côté de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui est opposée au prix réglementé, ni de celui de Québec solidaire (QS), qui est pour. « Ce sont des postures idéologiques et dogmatiques qui motivent leurs interventions en Chambre ces derniers temps », a-t-il réitéré.

 

Dans un communiqué publié l’après-midi même, le regroupement Sauvons les livres s’est dit impatient. « Il est grand temps d’agir pour calmer la tourmente que traverse le milieu du livre. Le temps presse. Le mouvement qui s’est manifesté à plusieurs occasions depuis le début du mois n’entend pas lâcher prise tant et aussi longtemps que le Québec ne se sera pas doté d’une réglementation. »

 

Jointe par Le Devoir, la directrice générale de l’Association des libraires du Québec, Katherine Fafard, s’est néanmoins dite confiante. « On a bon espoir que, suite au Conseil des ministres mercredi prochain, il annonce de bonnes nouvelles. On croit qu’il a compris l’importance d’une réglementation appuyée par d’autres mesures. »

6 commentaires
  • Pierre François Gagnon - Inscrit 23 novembre 2013 09 h 46

    Sauvons les lecteurs!

    Qui défend les intérêts du lecteur dans toute cette affaire?!

    • André-Jean Deslauriers - Inscrit 25 novembre 2013 15 h 34

      Justement, un prix unique est une forme de protection des lecteurs.

      Le jour ou Costco, Amazon et autres Wal-Mart de cette planète, auront réussi à controler le marché, vous allez payer beaucoup plus cher vos livres. Comme cela s’est produit en Angleterre, aux États-Unis et autres pays qui ont laissé faire.

      Je lis beaucoup, mais jamais je n’irai encourager ces prédateurs.
      Et j’ai des revenus très moyens.

      Oui au prix unique !

  • Julien Robitaille - Inscrit 23 novembre 2013 16 h 27

    Les libraires.

    Prenez le temps de comparer l'évoluton du prix et de l'offre de livres en France, Grande-Bretagne et États-Unis et voyez où le lecteur y gagne.

    Attention: il n'est pas dit que le règne de la grande surface coûte moins cher au lecteur...

  • Daniel Lemieux - Inscrit 23 novembre 2013 18 h 26

    Pas encore de projet de loi en vue ?

    On croyait à tort que la Culture serait un point fort de ce gouvernement du Parti québécois, qui ne semble pas en saisir l'importance pour le développement d'un sentiment identitaire. On constate qu'il n'en est rien, et c'est décevant.

    Le comédien/poète devenu ministre a-t-il réellement des idées ? Maka Kotto est-il la bonne personne au bon endroit ? À moins qu'il n'ait qu'un rôle mineur au sein du conseil des ministres, ce qui serait une position dictée par la première Ministre elle-même.

    On attend toujours de sa part des actions concrètes, des prises de position... mais rien ne vient. La « réflexion » est l'éternel prétexte pour reporter les actes concrets.

    Décidément, on s'ennuie presque de Christine St-Pierre...

  • Bertrand Picard - Inscrit 24 novembre 2013 21 h 47

    Les librairie.

    Les librairies et les Éditeurs ne seront pas plus gagnant.
    Nous allons attendre huit mois pour allé les acheté dans les grands magasin.
    Bonne soirée.
    Ti_ bert.

  • Caroline Moreno - Inscrit 25 novembre 2013 06 h 15

    Les avachis

    Le présent prépare l'avenir et ça s'annonce mal.

    Un remaniement ministériel s'impose. Maka Kotto n'est pas à la hauteur de la tâche (pas plus à mon avis que Jean-François Lisée) : la culture et la langue françaises méritent d'être défendues par des gens qui savent se tenir debout.