Conflit - Le syndicat accuse Renaud-Bray de vouloir fermer des librairies

En grève illimitée depuis samedi dernier, 11 succursales sur 26 de la chaîne de librairies Renaud-Bray doivent désormais composer avec des heures d’ouverture réduites. La succursale montréalaise de la rue du Parc a même été carrément fermée. Et d’autres succursales pourraient se joindre à la grève.

 

Selon le syndicaliste Serge Cadieux, le directeur exécutif de SEPB-Québec, quatre conventions collectives ont été signées avant la négociation de celle-ci. « Ç’a relativement bien été jusqu’à ce que le fils de Pierre Renaud, Blaise, prenne la direction de l’entreprise. »

 

Dans une lettre transmise au Devoir, Serge Cadieux se demande si l’entreprise n’entend pas profiter de ce conflit pour mettre en branle une stratégie de fermeture de succursales. « La chaîne de librairies invoquerait la morosité et les bouleversements dans le monde du livre » pour justifier ce coup de force, tout en le faisant passer sur le dos des syndiqués dont elle veut se débarrasser. Pour Serge Cadieux, il apparaît de plus en plus « clair que Renaud-Bray souhaite se débarrasser du syndicat ».

 

Le syndicat reproche à l’employeur ce qu’il appelle un « nivellement par le bas » en ne valorisant pas le travail du libraire, considéré comme un simple commis. « Chez Renaud-Bray, un libraire gagne 12,78 $ l’heure après sept ans de service. » Le roulement de personnel est élevé. Et l’employeur, regrette le syndicat, entend « exercer un droit quasi absolu de gérance sur les horaires », ce qui rend l’organisation de la vie difficile pour ses employés.

 

Pas de commentaire du côté de la direction de Renaud-Bray. La relationniste de l’entreprise, Denise Courteau, répète que l’entreprise ne commente rien « parce qu’on s’est engagé avec le conciliateur à ne pas alimenter le conflit sur la place publique, et nous allons respecter notre parole ». Tout de même, est-ce à dire que les membres du syndicat font fausse route lorsqu’ils prétendent que la direction veut tout simplement fermer des librairies ? « Pas de commentaire. »

 

Pour Richard Prieur, le directeur général de l’Association nationale des éditeurs (ANEL), qui regroupe la majorité des maisons d’édition françaises du Québec, de l’Ontario, du Manitoba et du Nouveau-Brunswick, la situation est très préoccupante. « Oui, nos membres sont inquiets. Pour les éditeurs, le début de l’année 2013 n’a pas été formidable. Évidemment, s’il y a un ralentissement des activités d’un nombre important de librairies, ça va affecter les éditeurs. La période de Noël est capitale. »

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