Les éditeurs réclament une réglementation sur le prix du livre

Dans le hall bondé de l’édifice Gaston-Miron, à Montréal, une demi-douzaine d’éditeurs ont volé la vedette et la scène, se couchant de tout leur long au sol, recouverts d’un drap blanc.
Photo: Éditions du Remue-ménage Dans le hall bondé de l’édifice Gaston-Miron, à Montréal, une demi-douzaine d’éditeurs ont volé la vedette et la scène, se couchant de tout leur long au sol, recouverts d’un drap blanc.

C’était au tour des éditeurs d’intervenir au nom de la coalition Sauvons les livres, en interrompant mardi matin la conférence où le Salon du livre de Montréal dévoilait sa programmation.

Dans le hall bondé de l’édifice Gaston-Miron, à Montréal, une demi-douzaine d’éditeurs ont volé la vedette et la scène, se couchant de tout leur long au sol, recouverts d’un drap blanc. Ils ont brandi les tissus, linceuls selon eux pour le livre et la littérature, si le prix des livres n’est pas rapidement réglementé.

Élodie Comtois des éditions Écosociété et porte-parole du groupe qui compte plus d’une trentaine d’éditeurs, a demandé une intervention directe de la première ministre Pauline Marois, sans même nommer le ministre de la Culture Maka Kotto. La démocratisation de la lecture et l’accès à la culture dépendent d’une réglementation rapide, selon Mme Comtois. Toute la chaîne du livre québécois en dépend aussi, a-t-elle ajouté.

 

Les éditeurs reprenaient ainsi le flambeau et le symbole du linceul emmenés par les libraires indépendants vendredi dernier. Plusieurs librairies avaient recouvert leurs étals de draps blancs, pour représenter le manque de diversité à venir si la réglementation ne voyait pas le jour.

 

Interrogé il y a quelques jours par Le Devoir sur l’avancée du dossier de la réglementation du prix unique du livre, le ministre de la Culture, Maka Kotto, soulignait que la Charte prenait beaucoup d’espace de réflexion au sein du gouvernement et rappelait qu’il était important pour lui de «continuer de penser au lecteur-consommateur».

 

«Mais nous y pensons, justement, au lecteur-consommateur !, a précisé Mme Comtois après son geste d’éclat. Parce qu’il va y avoir une perte d’offre, de diversité de livres et une augmentation des prix si le prix n’est pas réglementé, et si on laisse les oligopoles s’emparer du marché.»

 

La porte-parole a ramené l’exemple de l’Angleterre, qui a déréglementé ses prix en 1995. «Les prix du livre ont augmenté de 30 % alors que les biens de consommation augmentaient de 18 %. Il faut arrêter la campagne de peur. Les grandes surfaces ne vont pas arrêter de vendre des livres, ni de vendre des livres à rabais, si la réglementation du prix du livre est adoptée. Elles vont continuer à en vendre… tout comme les libraires.»

 

Soutenaient cette action les éditeurs Bayard Canada, Boréal, Écosocité, Alto, XYZ, Fidès, Héliotrope, Hurtubise Groupe HMH, les 400 coups, les Allusifs, Leméac, L’Instant même, L’oie de Cravan, La Peuplade, Le Noroît, Le Quartanier, Les Herbes rouges, Lux, Marcel Didier, Mémoire d’Encrier, Multimondes, Nota Bene, Planète Rebelle, la Pleine Lune, Remue-Ménage, Revue Liberté, Revue Spirale, Septentrion, Somme toute, Soulières éditeur, Tryptique.