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Pierre Lemaitre, un Goncourt populaire

Pierre Lemaitre
Photo: Illustration Pascal Girard Pierre Lemaitre
C’est en écrasant quelques larmes que le maître du polar Pierre Lemaitre a accusé le choc. Au revoir là-haut, sa première excursion hors du roman policier, lui a valu lundi la préférence des jurés du prix Goncourt. Une récompense qui, outre un succès tout personnel, vient reconnaître « un savoir-faire qui vient du polar, du roman populaire », a jugé l’auteur de ce roman sur les démobilisés de la Première guerre mondiale.

Bernard Pivot, l’un des jurés Goncourt, a quant à lui salué « le mélange d’une écriture très cinématographique » du Pierre Lemaître. L’auteur « écrit à la fois lentement et vite, parce qu’il prend son temps pour raconter un geste ou une action mais avec des mots fulgurants », a poursuivi M. Pivot.

L’affaire n’aura pourtant pas été facile à trancher. Il aura fallu 12 tours aux jurés pour finalement retenir cette histoire brodée autour d’une génération perdue et publiée chez Albin Michel. Rien de pareil pour le Prix Renaudot accordé dès le premier tour à Yann Moix pour Naissance. Publié chez Grasset, le roman dense et complexe parcoure l’enfer des relations parents-enfant.

« C’est un prix qui était fait pour moi et pour lequel j’étais fait », un prix « adapté à la folie des écrivains, qui peut digérer leur folie », a affirmé Yann Moix, en marge de l’attribution des deux prix annoncée, tel que le prescrit la tradition, au restaurant parisien Drouant.

Frédéric Beigbeder, juré du prix Renaudot, a pour sa part vanté le « livre délirant et monumental » de Yann Moix.

Le prix Renaudot dans la catégorie Essais a été attribué à Gabriel Matzneff pour Séraphin, c’est la fin (Table Ronde).


Avec l'Agence France-Presse et Le Monde