Livre - Les héritiers du fleuve. Tome I: 1887-1893, Louise Tremblay D’Essiambre

Cette mère de neuf enfants née à Québec en 1953 et Montréalaise d’adoption aurait vendu plus de deux millions d’exemplaires de la trentaine d’ouvrages qu’elle a publiés depuis 1984. Paru à la fin de l’été dernier, le premier tome de sa nouvelle saga Les héritiers du fleuve cartonne déjà au rayon des best-sellers québécois. On y suit trois amies d’enfance dans la jeune trentaine qui ont toujours vécu en bordure du fleuve. Nous sommes à la fin du XIXe siècle. Mais au-delà du portrait d’époque tracé par Louise Tremblay-D’Essiambre, comprenant l’emprise de la religion, le devoir conjugal et les familles nombreuses, au-delà du fait que ses héroïnes « vivent à cette époque où la femme n’a ni droits ni âme », c’est d’abord aux personnages qu’on s’attache. Ce sont les sentiments que ces femmes éprouvent qui sont mis en avant. Les thèmes abordés transcendent les années : amitié, amour, jalousie, vie de couple au jour le jour, liens familiaux… Pas question ici de s’attarder aux qualités strictement littéraires de l’ouvrage. De se laisser transporter dans une langue inventive. De s’émerveiller devant la puissance des mots, des images. Aucune innovation dans la forme. C’est ailleurs que ça se passe. Dans la psychologie des personnages. Et dans le talent de conteuse de l’auteure : on avale les pages à une vitesse folle, si on accepte que l’efficacité de la narration prime le reste. À suivre, car le deuxième volet vient de paraître, et les tomes III et IV sont attendus au printemps.