Dany Laferrière candidat à l’Académie française

Hormis son activité littéraire, Dany Laferrière est également scénariste et réalisateur.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Hormis son activité littéraire, Dany Laferrière est également scénariste et réalisateur.
L’Académie française, à l’issue de sa séance du 24 octobre, a annoncé trois candidatures au fauteuil d’Hector Bianciotti (fauteuil 2), décédé en juin 2012. L’écrivain québécois d’origine haïtienne Dany Laferrière est l’un d’eux. Les deux autres candidats sont les auteurs Arthur Pauly et Jean-Claude Perrier.

Comme le veut le protocole, Dany Laferrière a envoyé sa lettre de candidature à 
Hélène Carrère d’Encausse, qui occupe le poste de secrétaire perpétuel de l’Académie, afin de postuler au fauteuil d’Hector Bianciotti. Enthousiaste, le quotidien français Le Figaro note : « C’est une candidature de poids et un profil rare que vient d’enregistrer l’Académie française. » L’élection se tiendra le 12 décembre.

À ce jour, Dany Laferrière a publié une vingtaine de romans, recueils et essais, ouvrages volontiers autobiographiques.

En 2009, son roman L’énigme du retour lui vaut le prestigieux prix Médicis. Dans cette œuvre intime, l’auteur revient sur son retour en Haïti dans la foulée du décès de son père, ce dernier exilé autrefois par « Papa Doc ».

Après la parution en 2013 de Journal d’un écrivain en pyjama, Dany Laferrière préside en Haïti des rencontres littéraires visant à créer des ponts entre les écrivains haïtiens et québécois tout en faisant découvrir la littérature québécoise là-bas.

Né à Port-au-Prince le 13 avril 1953, Dany Laferrière s’installe à Montréal en 1976, craignant d’être sur la liste des journalistes à abattre tenue par les Tontons Macoutes. Cumulant divers boulots, notamment en usine, Dany Laferrière publie en 1985 son premier roman, Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer. À la même époque, il apparaît à la télévision comme critique et chroniqueur culturel. Au cours des années 1990, il demeure une personnalité médiatique appréciée, tandis que sa réputation en tant qu’auteur continue de croître.

Hormis son activité littéraire, Dany Laferrière est également scénariste et réalisateur. Il a lui-même adapté pour le cinéma Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, réalisé en 1989 par Jacques W. Benoît. En 2005, le cinéaste français Laurent Cantet a porté trois de ses nouvelles au grand écran avec Vers le sud, qui met en vedette Charlotte Rampling et Louise Portal.
3 commentaires
  • Georges LeSueur - Inscrit 24 octobre 2013 23 h 49

    Bravo !

    Bonne nouvelle pour Dany Laferrière, pour Haïti et pour le Québec.
    Les Haïtiens émigrés au Québec et reconnus pour leur talent m'ont souvent porté à les critiquer en considérant la grande pauvreté physique et morale d'un pays qui a un grand besoin de ses meilleurs éléments. Reproche sans doute injustifié.
    Dany Laferrière, arrivé inconnu s'est révélé au Québec. Il a contribué, par sa plume et les nombreuses participations aux émissions culturelles de la radio et de la tv, à mieux nous faire connaître la culture haïtienne.
    Son oeuvre est rafraîchissante, facile d'approche et très sensible, où l'influence de la famille -et de sa grand-mère- nous faire sentir son attachement profond à ses racines, sa famille et son pays.
    Bravo à Dany Laferrière, écrivain haïtien et québécois, candidat à l'académie !

  • Paul Sven - Inscrit 25 octobre 2013 02 h 37

    Le carrousel des immortels

    La littérature c'est comme le chocolat, tout le monde veut du belge, bien gras et terriblement sucré ; enfin du chocolat dont on parle. Le vrai chocolat, lui, avec beaucoup de vrai cacao n'est pas médiatisé et par conséquent peu plébiscité.
    Un pensée pour tous ceux et celles qui écrivent en silence, désintéressés de la gloire éphémère des "immortels".

  • Georges LeSueur - Inscrit 25 octobre 2013 13 h 30

    Une ombre...

    Si une personne devait demander pour obtenir une décoration comme la légion d'honneur, n'en serait-elle pas dévaluée ?
    Que les candidats aient à postuler par demande personnelle manque d'élégance et peut leur causer un certain malaise. Le protocole ne devrait-il pas être changé ?
    Les candidats à l'académie devraient être choisis par l'académie elle-même, qui ensuite leur demandera s'ils acceptent.
    L'académie pourra alors voter à la majorité des voix.