Le livre prend l’autobus

Les auteurs Jean-Philippe Baril Guérard et Caroline Allard, entre autres, étaient présents mardi pour le lancement de l’événement Lire vous transporte, dans un autobus de la STM.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Les auteurs Jean-Philippe Baril Guérard et Caroline Allard, entre autres, étaient présents mardi pour le lancement de l’événement Lire vous transporte, dans un autobus de la STM.

Un livre qui transporte. L’expression sera à prendre au pied de la lettre pour les usagers du transport en commun montréalais. Pendant trois mois, ceux-ci pourront plonger le nez dans la littérature d’ici grâce à leur téléphone intelligent, leur tablette ou leur liseuse qui tiendront lieu de sésames ouvrant sur une quarantaine d’oeuvres phares de la rentrée littéraire, d’un Pourquoi Bologne signé Alain Farah au Tenir tête de Gabriel Nadeau-Dubois.

 

Le pont numérique lancé par les Bibliothèques publiques de Montréal à la Société de transport de Montréal (STM) se nourrit de l’air du temps tout en innovant. « On ouvre vraiment la voie, explique Louise Lapointe, qui pilote ce projet pour les Bibliothèques publiques. On a vu des initiatives similaires à Philadelphie, à Bucarest et à Mexico, mais rien de pareil à cette proposition qui est vraiment unique. »

 

Les bibliothèques de la métropole n’en sont pas à leur premier projet hors les murs, rappelle la chef de division. « Nos livres voyagent déjà beaucoup, dans les rues, avec les bibliobus, les CHSLD, avec le biblio-dépôt, par exemple. Il nous est apparu tout naturel, un an après avoir pris le virage numérique, de joindre ces deux élans. »

 

Le projet pilote « Lire vous transporte », en cours jusqu’au 20 janvier prochain, fera son nid dans 125 bus et 50 abribus du réseau montréalais. Les lecteurs curieux y trouveront un code QR ou une URL qui leur ouvrira les portes de cette bibliothèque virtuelle. Ils pourront y télécharger gratuitement le premier chapitre des livres retenus : des Frères Sisters de Patrick DeWitt au Chien de fusil d’Alexie Morin en passant par L’atelier de Daniel Vézina, et même deux plumes bien connues des lecteurs du Devoir : celles des collègues François Lévesque, avec son polar Une maison de fumée,et de Jean-François Nadeau pour son essai Un peu de sang avant la guerre.

 

Affinités littéraires

 

Le reste dépend des affinités de chacun. Ceux qui voudront poursuivre leur lecture pourront emprunter le livre entamé en version papier ou numérique dans l’une des 45bibliothèques de la Ville de Montréal, aux conditions de prêt habituelles. Les passionnés pourront aussi acheter leur coup de coeur sur le site RueDesLibraires.com, partenaire de ce lâcher de belles bulles littéraires sur la ville.

 

Le projet illustre la volonté des libraires indépendants de partager et de faire découvrir des livres et des auteurs d’ici, explique la directrice générale de l’Association des libraires du Québec, Katherine Fafard. Le tout en encourageant l’utilisation d’outils technologiques pour compléter l’usage classique des livres. « Par cette bibliothèque numérique, nous souhaitons que les usagers du transport en commun enrichissent leur parcours par des lectures passionnantes et aient l’envie de les partager. »

 

Le premier bouquet lancé mardi concentre l’essentiel des incontournables de la rentrée et quelques bijoux moins récents. La liste reste néanmoins bien sage. « On a voulu équilibrer nos propositions et refléter la diversité des éditeurs de chez nous », explique Mme Lapointe, qui n’exclut pas des sélections plus risquées si le projet devait être reconduit.

 

Chose certaine, l’aventure numérique ne fait que commencer pour les bibliothèques publiques, rappelle Mme Lapointe. « Les bibliothèques sont des lieux qui sont en mutation, qui se renouvellent, et le numérique fait désormais partie de l’équation. »

 

D’autant que la bibliothèque de demain ne se réduit pas à un espace physique, c’est aussi un univers numérique et un esprit qui doit se disséminer hors les murs, résume Louise Lapointe. « C’est ce que nous appelons le troisième lieu, un espace communautaire, non politique, non religieux », où se déploient non seulement des espaces documentaires mais aussi d’échanges et de loisirs.

3 commentaires
  • Michel Mondat - Inscrit 24 octobre 2013 09 h 00

    Des "nanannes"

    Pour vous permettre de mieux supporter "le difficile et l'inutile", quoi de mieux que diversifier l'insipidité du transport en commun en ajoutant quelques petits gadjets pour amuser "une minorité majoritaire" d'utilisateurs.
    Comment peupler le vide par encore plus de vide...

  • Robert Martin - Inscrit 24 octobre 2013 11 h 54

    Très belle initiative pour la lecture !

    M Mondat, seriez-vous des personnes qui pensent que seule la lecture d'un livre de la Pléiade dans une Rolls-Royce avec chauffeur est digne ?

    La lecture c'est beaucoup de livres différents pour beaucoup de personne différentes et heureusement qu'il y a des personnes différentes.

    Au contraire de M Mondat je considère qu'il s'agit d'une très belle initiative pour favoriser la lecture !

    Pour d’autres sources de livres numériques gratuits, voir la page :

    http://www.livresetpixels.com/livres.html

  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 24 octobre 2013 14 h 09

    Réserves

    L'autobus est-il un lieu de lecture ? Je m'interroge. Je préfère depuis longtemps prendre l'autobus plutôt que le métro. En général, les gens sont plus souriants et plus civilisés. Sauf quand une tralée de Twitters occupe la majorité des sièges. Ils sont tous concentrés sur leur téléphone sans voir ce qui se passe autour. Ils ne... communiquent plus ! Ils boivent de l'informatique. Ils ne voient plus les personnes âgées ou handicapées à qui, par politesse, ils devraient céder leur siège. Mais la préséance va au progrès, n'est-ce pas ?