Le Booker à Eleanor Catton

Âgée de tout juste 28 ans, Eleanor Catton devient la plus jeune lauréate de l’un des prix littéraires les plus prestigieux au monde.
Photo: Agence France-Presse (photo) Andrew Cowie Âgée de tout juste 28 ans, Eleanor Catton devient la plus jeune lauréate de l’un des prix littéraires les plus prestigieux au monde.

Après le Nobel de littérature à la discrète Alice Munro la semaine dernière, c’était le tour mardi d’une toute jeune écrivaine néo-zélandaise, née elle aussi en Ontario, de capter l’attention du monde littéraire. Eleanor Catton s’est en effet vu décerner à Londres le Man Booker Prize, pour son roman The Luminaries.

 

Âgée de tout juste 28 ans (elle a mis le point final à son roman à 27), Eleanor Catton devient ainsi la plus jeune lauréate de l’un des prix littéraires les plus prestigieux au monde. Son roman historique raconte les aventures de Walter Moody, un homme désireux de faire fortune pendant la ruée vers l’or en Nouvelle-Zélande au milieu des années 1800.

 

Le président du jury, Robert Macfarlane, a qualifié l’ouvrage de 832 pages - le plus long à avoir été couronné par le Booker Prize - d’« éblouissant ». « The Luminaries est un roman magnifique. Impressionnant par sa complexité structurelle, captivant par sa façon de raconter et magique dans son évocation d’un monde de cupidité. »

 

The Luminaries est également porté par une extraordinaire maîtrise de la langue et un « contrôle stupéfiant » sur le plan de la narration qui étonnent chez une auteure aussi jeune, a ajouté Macfarlane. « La maturité de cette oeuvre est présente dans chaque phrase, vraiment dans chaque phrase. »

 

Née à London en Ontario, en 1985, Eleanor Catton a gagné la Nouvelle-Zélande six ans plus tard lorsque son père, un Américain, a obtenu un poste à Canterbury. Au Globe and Mail, elle confiait récemment avoir gardé une affection toute particulière pour le pays qui l’a vu naître. « Mon identité canadienne a toujours eu de l’importance pour moi, spécialement quand j’étais enfant. Parce que j’étais la seule Canadienne de la famille, j’ai senti une connexion particulière avec ce pays. »

 

L’écrivaine signe avec cette saga son second roman. Son premier, The Rehearsal, traduit chez Gallimard sous le titre de La répétition, avait aussi été remarqué. Son Booker en poche, la jeune écrivaine rejoint maintenant un cercle de lauréats prestigieux parmi lesquels on compte la nobélisée Alice Munro, mais aussi Yann Martel, Margaret Atwood, Salman Rushdie ou J. M. Coetzee.

 

Figure désormais incontournable de la rentrée littéraire, Eleanor Catton se mesurait ici à d’autres grandes pointures, dont la Britanno-Colombienne Ruth Ozeki, Jim Crace et Colm Tóibín. À noter que son roman The Luminaries est également en lice pour les Prix littéraires du Gouverneur général.

 

Doté d’une bourse d’un peu plus de 80 000 $CAN, le Booker a été créé en 1969. Il était ouvert jusqu’ici aux auteurs de Grande-Bretagne, d’Irlande et des pays du Commonwealth.

 

Dès l’an prochain toutefois, les auteurs américains pourront faire concurrence aux plumes britanniques. Les romans devront simplement être écrits en anglais et publiés au Royaume-Uni.

 

 

Avec l’Agence France-Presse et La Presse canadienne