La zone d’ombre de Martin Michaud

Martin Michaud vient de recevoir le prix Saint-Pacôme du roman policier, pour une seconde fois, avec son roman précédent, Je me souviens.
Photo: Philippe-Olivier Contant/Agence QMI Martin Michaud vient de recevoir le prix Saint-Pacôme du roman policier, pour une seconde fois, avec son roman précédent, Je me souviens.

Les choses se présentent plutôt bien pour Martin Michaud. Alors qu’il vient tout juste de recevoir le prix Saint-Pacôme du roman policier, et pour la deuxième fois qui plus est, avec son remarquable Je me souviens publié l’an dernier, son tout nouvel opus arrive dans les bacs des libraires alors que l’automne se rafraîchit et que les envies de lecture au coin du feu commencent à titiller un peu tout le monde. Belle synchronicité…

D’autant plus que ce roman se dévore tout d’une traite tellement le style en est coulant de la première à la dernière page. Ici, pas d’inspecteur Lessard ; plutôt une intrigue ayant comme point de chute la petite ville de Lowell, dans le nord-est des États-Unis, à moins d’une heure de Boston. Et tout tourne autour de l’élection du futur président américain, rien de moins.

Michaud nous situe précisément le jour du « Super Tuesday » - le premier mardi du mois de mars d’une année d’élection à la présidence. C’est le jour des « primaires » où le plus grand nombre d’États votent pour choisir un candidat à l’élection. Nous sommes dans le coin des démocrates, où Patrick Adams semble avoir une bonne longueur d’avance. On saisira rapidement que les adversaires de l’équipe Adams sont en train de chercher une zone d’ombre sous les apparences dans le passé du candidat…

Être propre

 

On ne vous dévoilera évidemment pas l’intrigue au centre de laquelle se retrouve la femme d’Adams, Leah, qui s’est remise difficilement de la disparition de son ancien amoureux, un quart de siècle plus tôt, dans des conditions étranges. Bientôt, à mesure que l’on s’approche du discours d’acceptation du vainqueur à Boston, les choses bizarres et les incidents incompréhensibles se multiplient… jusqu’à ce que tout prenne un sens au moment où l’on s’y attend le moins.

Luttes de pouvoir, personnages intrigants, portraits de moeurs, Martin Michaud nous raconte ici une histoire complètement différente de celles qu’il nous a proposées jusqu’ici. Pour le faire, il emprunte un style d’une limpidité exemplaire - peut-être même un peu trop « propre » - qui fait penser que son roman pourrait facilement être traduit dans une dizaine de langues et vendu sur toute la planète.

C’est bien sûr ce qu’on lui souhaite… tout en espérant revoir dans sa prochaine histoire ce côté délirant et carrément râpeux qui a fait sa réputation.

 

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