Retour aux sources au Salon du livre du Saguenay

Le Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean, premier de la série automnale des foires du livre, bat son plein depuis jeudi. Pour sa 49e édition, le Salon effectue « un retour aux sources, à la famille et à l’histoire », a précisé au Devoir la directrice générale, Sylvie Marcoux. « Parce qu’on est à la veille de la 50e édition, qu’on va fêter en grand et longtemps, on se rappelle à quel point le Salon est enraciné. J’aime redire que ce n’est plus notre Salon. Les gens ici se le sont approprié. C’est leur Salon. »

 

Près de 300 éditeurs présenteront leurs bouquins et 278 auteurs seront présents. « C’est énorme pour nous, poursuit la directrice. L’an dernier, on avait déjà atteint un record en recevant 218 auteurs, et cette année ç’a encore explosé. »

 

Est-il vraiment possible et pertinent, pour un événement littéraire, de toujours croître, comme cela semble devenu la norme ? « C’est drôle que cette question se pose maintenant, car on vient d’en discuter, les neuf directeurs généraux de salons du livre du Québec. On ne vise pas une croissance continue : elle arrive. Il y a une popularité certaine. »

 

Les auteurs veulent être présents dans les salons, s’y faire connaître, vendre ainsi davantage. Les médias, qui carburent à l’événementiel, sont davantage présents alors que la couverture littéraire générale rétrécit.

 

Un salon semi-nomade

 

« Au Centre des congrès, je ne peux recevoir plus de visiteurs que les 21 000 que j’accueille depuis à peu près cinq ans. On a instauré les activités hors les murs pour résoudre ce problème. Et ça aussi, ça explose : de 99 rencontres en école l’an dernier, on passe à 121. On couvre le territoire au complet. J’ai des auteurs qui vont du côté du Lac, jusqu’à Dolbeau. Quand j’ai dit par exemple au poète Mario Brassard qu’il s’en allait à Saint-Ludger-de-Milot, dans le nord du Lac, il m’a demandé, perplexe : “Où ça ?” Je lui ai répondu qu’il devait lire Michel-Marc Bouchard [car sa pièce Les muses orphelines s’y déroule]… J’ai une petite école, là-bas, une vingtaine d’enfants qui vont le recevoir un après-midi. »

 

Ce sont les classes de maternelle et de premier cycle qui répondent le mieux aux rencontres d’auteur hors les murs. « Les ‘tits poux, dans un salon rempli de monde, entre les 6000 enfants des visites scolaires, ne voient pas grand-chose, alors que si Nathalie Choquette ou Gribouille Bouille vont en classe faire une lecture ou une animation, ça les touche davantage », poursuit Sylvie Marcoux.

 

Si la croissance se poursuit, se sera donc en déployant les activités à l’extérieur. « On travaille pour bien viser, pour proposer les bons auteurs aux bons lieux. À la bibliothèque d’Alma, par exemple, c’est Micheline Duff qu’on envoie, l’auteure québécoise dont les livres y sont le plus empruntés. Patrick Sénécal, lui, ira au cégep de Jonquière, carrément à l’auditorium. Je crois qu’on arrivera cette année à toucher 10 000 personnes hors les murs. »

 

Activités nombreuses

 

In situ, les activités sont nombreuses. La directrice Sylvie Marcoux souligne la discussion samedi autour de la cuisine et des livres de cuisine, « dont on n’a jamais parlé ici au Salon ».

 

L’auteure Catherine Leroux (Alto) se livrera au jeu des confidences et un hommage au médecin-poète Jean Désy (XYZ) sera livré en soirée. Dimanche, Samuel Archibald (Atelier 10) se demandera si la classe moyenne existe encore. Entre autres. Au Centre des congrès Delta Saguenay, jusqu’au 29 septembre.