Polars - De la baguette à la matraque

Michel Bélair Collaboration spéciale
L’écriture et l’inimitable façon de raconter d’Ellory rendent presque insoutenable Mauvaise étoile, cette histoire de tueur en série en cavale avec deux ados « perturbés ».
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir L’écriture et l’inimitable façon de raconter d’Ellory rendent presque insoutenable Mauvaise étoile, cette histoire de tueur en série en cavale avec deux ados « perturbés ».

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Le livre le plus attendu de la saison, L’appel du coucou de Robert Galbraight (Grasset, en novembre), met en scène un certain Cormoran Strike. Ce vétéran de l’Afghanistan recyclé en enquêteur ne manie pas la baguette magique, même si, on le sait depuis cet été, c’est J. K. Rowling qui se cache sous ce pseudonyme de Galbraith. Bien loin d’Harry Potter, son nouvel héros Strike se lance plutôt sur la piste d’un tueur étrange qui vient de laisser sans vie le corps d’un mannequin, Lula Landry. Surprise : une suite aux aventures de Strike est déjà prévue…

 

Dès cette semaine, par contre, vous pouvez mettre la main sur le plus récent R. J. Ellory, Mauvaise étoile chez Sonatine, un gros livre de près de 600 pages qu’il vous faudra mettre souvent de côté pour retrouver un rythme cardiaque normal. C’est bien sûr l’écriture et l’inimitable façon de raconter d’Ellory qui rendent presque insoutenable cette histoire de tueur en série en cavale avec deux ados « perturbés », disons…

 

Autre sortie très attendue, celle du tout nouveau Arnaldur Indridason : Le livre du roi (fin septembre chez Métailié). Pas de commissaire Erlendur ici ; plutôt un prof et son élève à Copenhague au milieu des années 1950. Ils traverseront l’Europe à la recherche d’un livre volé par des nazis en mal de légitimité symbolique puisque ce Livre du roi est à la source des plus grands mythes germaniques. Certains sont prêts à tuer pour un livre sans prix… En octobre, Ian Rankin propose une aventure de son nouveau héros, Malcom Fox, enquêteur de la police des polices. Les guetteurs (éditions du Masque) plonge dans l’histoire trouble de l’Écosse des années 1980 ; Fox devra y faire face à des violences et des dissimulations en tous genres.

 

Terminons ce rapide tour d’horizon européen avec un « beau risque », un livre proposé par Robert Pépin chez Calmann-Lévy. Stuart MacBride est peu connu, mais le quatrième de couverture de son Surtout ne pas savoir (parution fin octobre) laisse entrevoir des choses bizarres. Il s’agit de retrouver un tueur en série dont la spécialité est de kidnapper des fillettes de moins de treize ans…

 

Chez les Québécois, les attentes sont grandes, mais retenons surtout trois sorties, toutes chez Alire. Il y a tout d’abord, mi-octobre, le collègue François Lévesque, qui traite lui aussi de disparitions étranges de fillettes dans Une maison de fumée. Ce roman, que la maison d’édition décrit comme le premier véritable polar de Lévesque, met en scène un policier du SPVM, Dominic Chartier, à la recherche de son identité tout autant que du meurtrier.

 

Patrick Senécal continue quant à lui sa série Malphas avec un troisième titre : Ce qui se passe dans la cave reste dans la cave. On y retrouve un Julien Sarkozy remis de ses blessures mais, encore une fois, en fort mauvaise posture. Il faudra toutefois patienter jusqu’en novembre pour voir paraître Et à l’heure de votre mort, le troisième tome des Carnets noirs de l’aliéniste de Jacques Côté. Cette série historique s’inspire de la vie du pathologiste Georges Villeneuve et se déroule à Montréal en plein coeur du XIXe siècle. Ici, Villeneuve est confronté à un avorteur clandestin qui fait des ravages…

 

 

Collaborateur