Des livres retrouvés dans les vestiges du parlement incendié

Le feu est mis à l’édifice du parlement par les Tories en colère dans la nuit du 25 avril 1849. Et tout brûle, y compris les 25 000 livres et documents qu’abrite ce bel édifice.
Photo: Source Musée McCord Le feu est mis à l’édifice du parlement par les Tories en colère dans la nuit du 25 avril 1849. Et tout brûle, y compris les 25 000 livres et documents qu’abrite ce bel édifice.

Les fouilles archéologiques conduites sur les lieux où s’élevait à Montréal le parlement du Canada-Uni viennent de mettre au jour une dizaine de livres, en plus d’un nombre important d’artefacts. La découverte de livres dans la couche d’incendie du sol s’avère tout particulièrement importante. Pour l’instant, ces galettes noircies ne représentent surtout que des symboles d’un drame politique.

 

Ce qui reste de ces livres a été retrouvé par l’équipe d’archéologues le vendredi 23 août et le lundi 26 août. Pour cette équipe, il s’agit d’une découverte majeure en raison de la « force symbolique incroyable de ces objets » en étroit rapport avec la catastrophe qui s’est déroulée en ces lieux en l’espace d’une nuit. Au moins un des livres, à ce que l’on sait, est rédigé en français.

 

Dans la nuit du 25 avril 1849, une foule d’anglophones en colère, soulevée par la prose du journal The Gazette, attaque le parlement situé en marge du port de Montréal, près de l’actuel musée d’histoire de Montréal. Cette foule déchaînée, agitée davantage encore par une suite de discours livrés au Champ-de-Mars, en veut à ceux qui ont pris la décision d’indemniser les victimes de la dure répression militaire des soulèvements de 1837-1838.

 

Le feu est mis à l’édifice du parlement par ces Tories. Les émeutiers entrent même dans l’édifice pour s’assurer que tout y passe. Les députés qui s’y trouvent sont violemment pris à partie et pourchassés. On leur lance des oeufs autant qu’on les frappe. Et tout brûle, y compris les 25 000 livres et documents qu’abrite ce bel édifice.

 

Ce sera l’autodafé le plus terrible de l’histoire du Canada. La bibliothèque du parlement contient alors plusieurs documents relatifs aux origines de la Nouvelle-France. Ces documents inestimables sont réduits en cendres.

 

L’édifice sera une perte totale. À la suite de cet assaut des émeutiers, Montréal perdra le siège du Parlement au profit de Toronto et de Québec, puis d’Ottawa.

 

Analyses et restauration

 

Les livres mis au jour par les archéologues au cours des derniers jours seront rapidement envoyés au Centre de conservation de Québec. Une analyse des matières et des possibilités de les restaurer sera faite selon les règles de l’art.

 

En attendant, les fouilles sur le site de l’ancien parlement se poursuivront jusqu’au mois de septembre. D’autres fouilles menées en 2011 avaient d’abord permis de situer l’ancien édifice, symbole d’un des aspects les plus sombres de l’histoire du parlementarisme au pays.

 

Cet imposant travail archéologique est à situer dans un vaste projet de mise en valeur du lieu faite par le Musée Pointe-à-Callière. L’institution entend en effet rendre accessibles ces découvertes dans un nouvel ensemble muséal. Pour l’instant, des panneaux qui bordent le lieu des fouilles expliquent aux curieux, à l’aide d’images et de textes, les récents travaux menés en ces lieux.

3 commentaires
  • Robert Laroche - Abonné 27 août 2013 07 h 54

    Et ça continu !

    L'agitation des journaux anglophones chaque fois que la société québécoise raissone en dehors ou en marge de la pensée anglophone dominante.

  • Sylvain Auclair - Abonné 27 août 2013 09 h 58

    Tout n'a pas brûlé

    Les vandales ont sauvé le plus important: un portrait de SMI la reine Victoria.

  • gaston bergeron - Abonné 28 août 2013 11 h 22

    Mais qui donc avait mis le feu?

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