Le testament d’Yves Boisvert

Le poète Yves Boisvert est décédé en décembre dernier, à l’âge de 62 ans. Dans Une saison en paroisses mauriciennes, son ultime recueil posthume, on le retrouve aussi puissant.
Photo: Dyane Gagnon Le poète Yves Boisvert est décédé en décembre dernier, à l’âge de 62 ans. Dans Une saison en paroisses mauriciennes, son ultime recueil posthume, on le retrouve aussi puissant.

Mort trop jeune, à 62 ans, en décembre dernier, Yves Boisvert était un vrai de vrai poète, à temps plein, sans concession. À la fois anarchiste et indépendantiste («Les débiles aiment se faire manipuler / ça fait moins lourd de responsabilités. / C’est quoi en fait le problème? / Des siècles à faire semblant d’être soi-même.»), absolument moderne mais nourri à l’élan du terroir et de la mémoire («On a beau risquer son âme dans le faire-semblant / et jeter aux flammes ce qui nous attend / déserter sa mémoire est un leurre et pourtant / le monde deviendra ce qu’en feront les gens.»), Boisvert avait un style à l’avenant, c’est-à-dire dru et souverain, digne du «roi de rien» (selon une formule de Michel Rivard) qu’il était.

 

Dans Une saison en paroisses mauriciennes, son ultime recueil, posthume, on le retrouve aussi puissant et échevelé qu’il l’a toujours été. À Trois-Rivières, il voit des étudiants qui attendent l’autobus, en fixant un mur sur lequel est imprimé un poème du poète beat Denis Vanier. Boisvert écrit: «Non mais, c’est-tu un exemple / à donner à des jeunes apprenants / en administration et gestion des ressources / efficaces en retours d’ascenseurs? // Oui.»

 

Pour Yves Boisvert, la souveraineté faite homme, la poésie était la seule règle.

 

 

Collaborateur

2 commentaires
  • France Marcotte - Abonnée 25 août 2013 18 h 15

    Cette tête

    Quand je la croisais à Trois-Rivières, elle me mettait mal à l'aise, je crois me rappeler que je changeais de trottoir.

    Cette sévérité dans le regard, cette intransigeance, ce narcissisme...

    Un grand poète?

    En tous cas ces quelques extraits collent très bien à mon souvenir.

    • Gérard Boudreau - Inscrit 27 août 2013 15 h 26

      Je me rappelle aussi son regard, celui d'un enfant qui s'intéresse aux autres et qui questionne, mais aussi de cette voix grave et douce qui sonnait juste!