Livre - Vil et misérable, Samuel Cantin

Disons que s’appeler Lucien Vil, avouer à son thérapeute qu’on adore la fête d’Halloween, être déguisé en permanence et nier que tout ça serait lié à une mère qui ressemble à une citrouille prédisposent forcément à vivre des aventures étranges. Encore plus quand on est un libraire spécialisé dans le livre d’occasion œuvrant dans une boutique qui est aussi un concessionnaire automobile.

Il avait posé son univers absurde et gênant dans Phobie des moments seuls. Le drôle de bédéiste Samuel Cantin récidive avec ce Vil et misérable, « une histoire lamentable de Lucien Vil », bien nommée.Sous la couverture, on y renoue avec son angoissant univers social où malaises, faux pas et pensées embarrassantes cimentent des rapports humains dont la charge dysfonctionnelle nourrit forcément un récit loufoque et divertissant par l’absurde. « L’enfer, c’est nous autres », précise-t-il en guise d’intro, en citant nulle autre que Julie Snyder, donnant du coup le ton à une histoire décalée qui, en 146 pages, va finalement tomber encore plus bas. Avec brio, paradoxalement.