Livres en libre-service

Trois distributrices de bouquins petit format ont été installées aux abords des piscines de l’arrondissement du Sud-Ouest.
Photo: François Pesant Le Devoir Trois distributrices de bouquins petit format ont été installées aux abords des piscines de l’arrondissement du Sud-Ouest.

Le recyclage des machines distributrices a la cote. Après Distroboto, les vendeuses de cigarettes transformées en distributrices d’art, voici Machin-Ô-livres, qui troque les croustilles, le chocolat et autres friandises pour des livres de poche.

Trois distributrices de bouquins petit format ont été baptisées aux abords des piscines de l’arrondissement du Sud-Ouest, à l’initiative des élus : une bleue au parc Ignace-Bourget, une verte au complexe récréatif Gadbois et une rose au square Sir-George-Étienne-Cartier. Chacune offre une centaine de romans, de biographies et d’essais, certains titres en anglais et une rangée d’albums jeunesse (dont quelques-uns en plastique, parfaits pour la baignade) pour la modique somme d’un huard.


« Ce sont des livres élagués de nos quatre bibliothèques, explique au Devoir Chantal Beaulieu, chef de division culture et bibliothèques de l’arrondissement du Sud-Ouest. Ils ne sont souvent plus lus ou vus dans les rayonnages des bibliothèques, mais dans les machines, ils reprennent une autre valeur. »


La sélection des titres découle d’ailleurs d’un travail de bibliothécaire, et sera renouvelée tout au long de l’été. Outre le format poche, les critères qui ont guidé les choix sont la diversité des genres, l’attrait - du titre et de son auteur - et les best-sellers.


«Ce sont des livres de vacances comme ceux qu’on peut retrouver dans les gares ou dans les aéroports », précise Mme Beaulieu, qui caresse déjà l’idée d’offrir des livres-surprises emballés. « Ça pourrait faire découvrir des auteurs québécois moins connus.»


Détente littéraire


Avec leur aspect rétro et leur contenu surprenant, les distributrices attiraient déjà beaucoup l’attention des baigneurs lors du lancement. Un bouquin d’Albert Jacquart s’est d’ailleurs vendu à cette occasion. On y trouve aussi des titres tels Les fous de Bassan d’Anne Hébert ou Le cerveau de Kennedy d’Henning Mankell.


« On a changé de sorte de life savers ! », lance à la blague Mme Beaulieu. Autour des machines, l’arrondissement a installé quelques chaises longues afin d’inviter à la détente littéraire.


L’initiative s’ajoute à d’autres activités hors les murs des bibliothèques du Sud-Ouest afin de faire la promotion du livre et de la lecture. Les élus montréalais ont été charmés par l’idée d’abord développée l’an dernier dans la MRC de Charlevoix, où l’on trouvait une semblable machine à livres sur le traversier reliant Saint-Siméon à Rivière-du-Loup, et ont adapté la formule.


Cousin des Machin-Ô-livres, mais géré par un organisme à but non lucratif, Distroboto dissémine des petits objets d’art, des mini-CD aux fanzines, depuis une douzaine d’années. Une onzième distributrice était lancée en mai dernier à Montréal, dans un centre de quilles du quartier Rosemont, outre les deux machines gérées avec des partenaires français.


« Le concept existe depuis des décennies, mais c’est surtout depuis les années 90 qu’on en trouve davantage en Amérique du Nord », explique au Devoir son instigateur Louis Rastelli, qui cite le réseau homologue américain Art-O-Mat aux États-Unis.

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