Une commission parlementaire sur le prix du livre neuf aura lieu en août

Maka Kotto, ministre de la Culture
Photo: - Le Devoir Maka Kotto, ministre de la Culture

En 2010, le marché du livre au Québec représentait plus de cinq fois la valeur des ventes de musique ou de films, quatre fois celles des billets de cinéma et trois fois celles des spectacles.


Dans ce paysage, le livre numérique ne compte toujours que pour un maigre 1 % des ventes actuelles.


Des réglementations sur le prix de vente des nouveautés sont déjà en vigueur sous diverses formes dans plusieurs pays occidentaux. Au Québec, cela ferait en sorte que les marchands en tous genres ne pourraient offrir des nouveautés à n’importe quel prix pendant quelques mois. Cela dans le but de protéger les libraires qui entendent continuer de diffuser un vaste ensemble de titres plutôt que seulement des best-sellers.


La commission parlementaire entendra des représentants du milieu du livre, des associations de consommateurs, des détaillants et des gens des milieux économiques, juridiques et des affaires. Selon le ministère de la Culture, « elle permettra de mesurer les impacts culturels, socio-économiques, commerciaux et juridiques d’une telle réglementation, d’en étudier les paramètres d’application et de recommander toute autre mesure nécessaire ».


Un document qui met en perspective les tenants et les aboutissants d’une telle politique est dès maintenant disponible auprès du ministère. On peut y lire, d’entrée de jeu, qu’une telle « réglementation est réclamée par le milieu du livre, qui dit vouloir ainsi prémunir la chaîne du livre, et plus particulièrement les librairies économiquement fragiles, des effets de la concurrence et de la vente au rabais des best-sellers sur le réseau de diffusion du livre et sur la bibliodiversité́, c’est-à-dire la nécessaire variété des livres mis à la disposition des lecteurs ».


La mesure, en effet maintes fois réclamée par le milieu du livre, avait pourtant été rejetée en 2000 par le gouvernement québécois, alors dirigé par le Parti québécois.


À la suite de l’annonce de la tenue de cette commission mardi, Françoise David s’est empressée de rappeler que Québec solidaire « est le seul parti à avoir pris position en faveur d’une politique du livre à prix unique telle que soutenue par l’Association des distributeurs exclusifs de livres en langue française ».

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