Une commission parlementaire sur le prix du livre neuf aura lieu en août

Maka Kotto, ministre de la Culture
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Maka Kotto, ministre de la Culture

La commission parlementaire sur une éventuelle réglementation du prix des livres neufs aura finalement lieu à compter du 19 août. « Il est impératif que cette perspective réglementaire fasse l’objet d’un débat public tout en gardant à l’esprit que le livre reste la plus importante industrie culturelle au Québec, avec des ventes évaluées à près de 800 millions de dollars par an », a signifié mardi Maka Kotto, le ministre de la Culture, par voie de communiqué.

En 2010, le marché du livre au Québec représentait plus de cinq fois la valeur des ventes de musique ou de films, quatre fois celles des billets de cinéma et trois fois celles des spectacles.


Dans ce paysage, le livre numérique ne compte toujours que pour un maigre 1 % des ventes actuelles.


Des réglementations sur le prix de vente des nouveautés sont déjà en vigueur sous diverses formes dans plusieurs pays occidentaux. Au Québec, cela ferait en sorte que les marchands en tous genres ne pourraient offrir des nouveautés à n’importe quel prix pendant quelques mois. Cela dans le but de protéger les libraires qui entendent continuer de diffuser un vaste ensemble de titres plutôt que seulement des best-sellers.


La commission parlementaire entendra des représentants du milieu du livre, des associations de consommateurs, des détaillants et des gens des milieux économiques, juridiques et des affaires. Selon le ministère de la Culture, « elle permettra de mesurer les impacts culturels, socio-économiques, commerciaux et juridiques d’une telle réglementation, d’en étudier les paramètres d’application et de recommander toute autre mesure nécessaire ».


Un document qui met en perspective les tenants et les aboutissants d’une telle politique est dès maintenant disponible auprès du ministère. On peut y lire, d’entrée de jeu, qu’une telle « réglementation est réclamée par le milieu du livre, qui dit vouloir ainsi prémunir la chaîne du livre, et plus particulièrement les librairies économiquement fragiles, des effets de la concurrence et de la vente au rabais des best-sellers sur le réseau de diffusion du livre et sur la bibliodiversité́, c’est-à-dire la nécessaire variété des livres mis à la disposition des lecteurs ».


La mesure, en effet maintes fois réclamée par le milieu du livre, avait pourtant été rejetée en 2000 par le gouvernement québécois, alors dirigé par le Parti québécois.


À la suite de l’annonce de la tenue de cette commission mardi, Françoise David s’est empressée de rappeler que Québec solidaire « est le seul parti à avoir pris position en faveur d’une politique du livre à prix unique telle que soutenue par l’Association des distributeurs exclusifs de livres en langue française ».

8 commentaires
  • Claude Lachance - Inscrite 5 juin 2013 13 h 03

    Avec les coupures a l'aide sociale on crée une société d'analphabet.

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 6 juin 2013 12 h 57

      Au Québec, l'accès aux bibliothèques publiques est gratuit. Il y a même des ateliers pour différents groupes comme les analphabètes.

  • Nicolas Bouchard - Inscrit 5 juin 2013 19 h 32

    Françoise David n'a pas été capable de féliciter le gouvernement pour une excellent initiative. Elle a préféré faire de la politique comme tout parti d'opposition le ferait, faire de la politique « pareillement ».

    @M. Lachance,
    L'aide sociale n'est que la conclusion d'un long processus où trop d'individus y permettre leur 'identité'. Vous devez surement parler des 900 millions +/_ que coupe le fédéral à chaque année au Régime assistance publique du Canada.

  • Michel Richard - Inscrit 6 juin 2013 12 h 24

    Le monde ordinaire subventionnera

    La réglementation du prix du livre, c'est forcer le monde ordinaire à subventionner l'élite qui aime lire exotique.
    Les livres à grande distribution, que les grandes surfaces aiment offrir à bas prix sont évidemment lus par plus de monde. Ceux qui lisent les choses à publiées en petit nombre, et qui ont peur que leur libraire soit obliger de hausser les prix, veulent que ce libraire puisse faire plus d'argent sur les livres à grande distribution pour que ce libraire puisse offrir le reste à prix raisonnable.
    Plus tordu que ça, tu meurs.

    • Michel Richard - Inscrit 6 juin 2013 19 h 07

      obligé

    • Marc Provencher - Inscrit 6 juin 2013 20 h 03

      @Michel Richard : « ...l'élite, qui aime lire exotique. »

      Vous vous faites de l'élite une conception un 'tit peu slack, me semble-t-il.

      Donc, quand tout jeune au début des années 80, dans mon duplex de Montréal-Nord (haut lieu de l'élite comme chacun sait), je lisais dans J'ai Lu 'Le petit monde de Don Camillo' (Italie) ou dans Folio 'Cent ans de solitude' (Colombie) ou plus tard dans le Livre de poche 'Le Pigeon' (Allemagne) - pour prendre des exemples de best-sellers non-américains vendus dans le monde à des millions d'exemplaires (mais nettement moins aux USA il est vrai, le marché d'Occident le plus réticent aux oeuvres étrangères)- j'étais de "l'élite" sous prétexte que mes livres ne se passaioent pas aux États-Unis? C'est ça que vous appelez "lire exotique"?

      À ce rythme, dans quelques années, pour être pris pour "l'élite", il va suffire de savoir lire et écrire.

      Cette division simplette entre "le monde ordinaire" et "l'élite" est une sornette. Vous appelez "élite" les gens qui lisent, tout simplement.

  • Martin-Guy Cormier - Abonné 6 juin 2013 14 h 16

    WOW, une nouvelle taxe sur le livre

    Une telle politique revient à taxer le livre, qui est pourtant exempté de TVQ !
    Et va t'on ce déplacer pour aller acheter nos livres chez un "petit" libraire ou on va l'acheter au prix gonflé à l'épicerie ou dans une grande surface (qui eux feront pour sur plus de profits) ?
    Pourquoi ne pas imposer la TVQ sur le livre et avoir un programme de subventions au "petits" libraires ? Ça serait plus transparent et principalement, plus efficasse.

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 7 juin 2013 14 h 42

      erreur
      Il ne s'agit pas d'imposer une nouvelle taxe aux livres, mais bien de voir à ce qu'ils se vendent au même prix partout. Les grandes surfaces les offrent souvent moiuns chers que la petite librairie de quartier qui n'en a tout simplement pas les moyens. Il s'agit de conserver ces emplois et entreprises dans un environnement sain au Québec.