Bouquet de fleurs noires

C’est avec Blondie et la mort, une aventure délirante mettant en relief la violence qui afflige le quartier des Flats, en banlieue du Cap, en Afrique du Sud, que Roger Smith est apparu sur nos écrans radars il y a un peu plus d’un an. Avec en arrière-fond une écriture précise, ciselée, affûtée comme une arme blanche. Voici maintenant qu’il nous raconte l’histoire de Robert Dell, un « honnête homme » piégé par la vie… et par les intérêts de quelques truands de haut vol.


L’affaire est complexe ; elle s’écrit d’abord sur une trame politique alors qu’on comprend rapidement, après quelques chapitres, qu’un certain membre du dernier cabinet de Nelson Mandela prépare depuis longtemps sa succession. On parle ici de rivalités tribales ancestrales, sanguinaires. Et il se trouve que, presque par hasard, la femme de Roger Dell est témoin d’un assassinat et qu’elle doit disparaître. « On » frappera sur la route en maquillant l’exécution pour qu’elle ressemble à un bête accident dont Dell sera le seul survivant.


Traqué par un chef de guerre zoulou, il aura bientôt la surprise de se retrouver accusé du meurtre déguisé en accident de sa femme et de ses deux enfants. Pire encore : alors qu’on le conduit en prison, il est enlevé par son mercenaire de père, un homme qui a mené partout sur la planète les combats les plus abominables au nom de la CIA. On vous laisse essayer de deviner comment tout cela finira …

 

Oslo la défonce


On aime Jo Nesbø ou non. Le monde qu’il décrit, les personnages tordus qu’il affronte souvent et les univers déjantés dans lesquels ils évoluent, tout cela peut être difficile à supporter pour un lecteur sensible. La réalité n’est pas toujours belle à voir et à décrire et Nesbø semble avoir pris le parti de nous la révéler telle qu’elle est, ou du moins telle que la voit son héros Harry Hole.


Hole qui est revenu de Hong Kong par le premier avion dès qu’il a appris que son « fils » Oleg était incarcéré pour meurtre à la suite d’une sombre histoire de drogue. Il nous fait du coup plonger dans le monde violent des accros à un dérivé de l’héroïne, la fioline, une drogue toute norvégienne créant une forte dépendance mais qui est moins destructrice que l’héro. Les camés sont souvent prêts à tout, même à vendre leur soeur ou à tuer leur père, et Hole veut s’assurer qu’Oleg n’est pas emprisonné à la place d’un autre. Et, bien sûr, il trouvera.


Cela sera ardu, parsemé d’embûches et de traîtrises en tous genres, cela sera dur, difficile, avec quelques rêves dégonflés à la clé… mais il trouvera. Un livre d’une tristesse infinie.


 

Collaborateur