Daniel Caron quitte Bibliothèque et Archives Canada

Daniel Caron
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Daniel Caron

Nommé au poste de bibliothécaire et archiviste du Canada en 2009, Daniel Caron a remis sa démission mercredi. Depuis quelques jours déjà, l’administrateur en chef de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) était sur la sellette après que la question de ses frais professionnels eut atterri au Parlement. Dans un communiqué diffusé par le Nouveau Parti démocratique, le critique en matière de patrimoine Pierre Nantel a dénoncé des « dépenses titanesques ».

Des gages de 5000 $ se trouvent à l’origine du scandale. Payée à même les fonds publics, la somme était destinée à des cours d’espagnol que Daniel Caron souhaitait suivre afin, a-t-il justifié, « de posséder une base en vue du Forum national des archivistes à Tolède, en Espagne ». Embarrassé, le ministre du Patrimoine, James Moore, a affirmé qu’il avait fait comprendre à Daniel Caron qu’il s’agissait là d’un usage inacceptable de l’argent des contribuables.


Cette intervention ministérielle n’a pas suffi à apaiser la grogne, l’épisode n’ayant pas manqué d’attirer l’attention sur l’ensemble des dépenses de Daniel Caron. Ainsi a-t-on appris que ce dernier a réclamé en moyenne 87 000 $ par année en 2011 et en 2012 en frais divers, dont de luxueux repas d’affaires dans des établissements sélects comme le Rideau Club (31 visites en tout).


Si les critiques à l’égard de Daniel Caron ont été aussi virulentes, c’est notamment parce que, depuis le lancement de son entreprise dite de « modernisation » de BAC, de nombreuses suppressions de poste sont survenues. Dans la foulée, la plupart des initiatives d’acquisition d’artefacts historiques ont été stoppées et le système de prêts interbibliothèques a été aboli, à l’instar du programme de développement des archives nationales. Rappelons que, dans son budget de mars 2012, le gouvernement Harper a réduit le budget de fonctionnement de l’organisme de près de 9,6 millions de dollars sur trois ans.


Une note laconique


Dans un courriel interne qui ne fait mention d’aucune raison de son départ, Daniel Caron s’est dit « fier » du travail accompli tout en estimant qu’il incombe à quelqu’un d’autre de poursuivre la modernisation de Bibliothèque et Archives Canada.


Dans le milieu des bibliothècaires et des archivistes, on a accueilli la nouvelle avec un mélange de surprise et de soulagement. Par voie de communiqué, Kelly Moore, la directrice exécutive de l’Association canadienne des lbibliothèques, a dit souhaiter que Bibliothèque et Archives Canada en profite pour tourner la page et retourner à son mandat originel.


« L’Association canadienne des bibliothèques demande depuis longtemps qu’un bibliothécaire ou un archiviste professionnel soit responsable de BAC », a-t-elle rappelé. Économiste de formation, Daniel Caron est entré dans la fonction publique fédérale en 1982.

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NDLR: Cet article a été modifié après la mise en ligne, pour corriger une erreur de traduction.

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