Les auteurs et les personnages de La Pastèque entrent au Musée

Tiré de Miam Miam Fléau, de Marc Simard
Photo: La Pastèque Tiré de Miam Miam Fléau, de Marc Simard

Il y a eu Tintin, Astérix, et même Snoopy. Il y aura à l’avenir Red Ketchup, Jérôme Bigras, Boris et Paul. À l’occasion de son 15e anniversaire de naissance, la maison d’édition spécialisée en bande dessinée La Pastèque se prépare à faire entrer ses auteurs et leurs personnages au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) dans le cadre d’une exposition inédite. L’annonce en a été faite mardi par les deux institutions, qui se sont en choeur réjouies de cette grande première, dont les lignes claires - ou pas - vont être dévoilées l’hiver prochain dans les grandes salles du musée.

« Ce n’est pas rien de voir la bande dessinée québécoise au MBAM, a résumé Frédéric Gauthier, président de la maison d’édition à l’occasion d’une conférence de presse tenue au musée. C’est une reconnaissance importante, un événement qui va faire date dans l’histoire du 9e art d’ici. »

 

Figure de proue


Intitulée La Pastèque au musée, cette exposition doit ouvrir ses portes en novembre prochain pour six mois. Quinze bédéistes dont les oeuvres ont été publiées par la maison d’édition montréalaise vont y dévoiler des planches inédites liées à 15 oeuvres puisées dans la collection permanente du musée. Deux exemples : Réal Godbout, l’homme derrière le personnage de Michel Risque, s’est frotté à un paysage de Marc-Aurèle Fortin, alors que Michel Rabagliati, père de la série Paul, a cherché l’inspiration dans l’abstraction intitulée Tête de Joan Miró.


Isabelle Arsenault, Pascal Blanchet, Cyril Doisneau, Pascal Girard, Jean-Paul Eid, Leif Tande ou encore Rémy Simard, pour ne citer qu’eux, vont également prendre part à cette aventure au croisement de l’univers bédéesque et muséal, et dont le résultat va faire l’objet d’une partie du livre anniversaire que La Pastèque va publier cet automne pour témoigner des 15 années d’existence de cette petite maison d’édition qui n’a jamais cessé de grimper.


« Quinze ans, ce n’est pas un anniversaire majeur, a reconnu Frédéric Gauthier, mais pour nous, cela veut dire beaucoup : c’est un véritable exploit dans le monde de l’édition au Québec, particulièrement celui de la bande dessinée. »


Figure de proue de la bédé d’auteur, La Pastèque a vu le jour en 1998 sous la houlette de M. Gauthier et de Matrin Brault avec la publication d’un collectif intitulé Spoutnik 1. Les deux hommes étaient alors libraires à la Mouette Rieuse, un commerce spécialisé en bédé de Montréal - aujourd’hui disparu -, et avaient senti qu’un vent nouveau était sur le point de souffler sur ce genre littéraire au Québec, comme ailleurs, a rappelé le président de la maison d’édition. « Nous voulions créer un espace pour permettre aux nouveaux talents de s’exprimer », a-t-il indiqué.


L’intuition aura été bonne. En 15 ans, La Pastèque a contribué significativement à cette nouvelle vague en mettant sous presse pas moins de 140 albums, pour adultes comme pour enfants, et en récoltant plus d’une centaine de prix et reconnaissances à l’échelle internationale pour cette contribution éditoriale. La maison a également donné des ailes à des auteurs comme Paul Bordeleau, Pascal Colpron, Janice Nadeau, Siris, Marc Simard, mais surtout, a présidé à la naissance de Paul, souvent présenté comme le « Tintin du Québec », personnage désormais culte de la bédé québécoise et mis au monde par Michel Rabagliati.

1 commentaire
  • Éric Bouchard - Abonné 1 mai 2013 15 h 20

    Peronnellement, je trouve plus éloquent de présenter Rabagliati comme le Michel Tremblay de la bande dessinée que comme le Tintin du Québec ;)