Livre - La guerre des Canadiens, Jacques Mathieu et Sophie Imbeault

À l’instar des conflits modernes, la guerre de la Conquête a entraîné des « dommages collatéraux » dont on a sous-estimé l’ampleur. Les milliers de vies brisées par le changement d’empire sortent de l’anonymat dans La guerre des Canadiens de Jacques Mathieu et Sophie Imbeault. L’ouvrage porte principalement sur les campagnes de 1759 et de 1760 qui se sont déroulées au coeur de la vallée du Saint-Laurent. On assiste alors à la mobilisation de la quasi-totalité des hommes en état de porter les armes, dont des vieillards et des adolescents. À la bataille des plaines d’Abraham, c’est près de la moitié de l’armée française qui est composée de Canadiens. Ces derniers affrontent également les Britanniques en périphérie de Québec, où les altercations font de nombreuses victimes répertoriées par les auteurs. Au-delà des combats, c’est par les maladies épidémiques et les privations que la guerre fait des ravages. En témoignent les pointes de mortalités enregistrées dans les mois qui suivent la chute de la capitale. Mathieu et Imbeault évoquent également les difficultés de « réinsertion sociale » des membres de la noblesse canadienne émigrés en France au terme du conflit. Cet ouvrage permet de relativiser la thèse de la Conquête providentielle.

À voir en vidéo