13e Prix des lecteurs Radio-Canada - D’une parole à l’autre

Le Prix des lecteurs Radio-Canada a vu le jour à l’automne 2000 à l’initiative de la Première chaîne de Radio-Canada dans le nord de l’Ontario. Initialement voué à récompenser une oeuvre franco-ontarienne tout en mettant en valeur des auteurs souvent méconnus, le prix a crû en importance et, depuis 2007, il s’est donné pour mandat de faire la promotion de romans en provenance de l’ensemble des milieux francophones minoritaires au Canada. Chaque année, six oeuvres de fiction concourent. Le lauréat 2013 sera connu le 22 avril à l’émission Pénéloppe McQuade. Depuis la semaine dernière, Le Devoir présente les six finalistes, deux titres à la fois.


Récit écrit à la première personne, Un jour, ils entendront mes silences relate le quotidien difficile mais lumineux de Corinne, une fillette handicapée de la parole et d’à peu près tout son corps. Ses yeux, en revanche, ne laissent rien échapper. Extrait : « Soit, sa peur, je l’ai toujours sentie, mais je croyais notre amour assez fort pour la neutraliser. De confidente et demoiselle de compagnie, j’avais été rétrogradée au rang de « petite fille brisée ». »


Née à Montréal, Marie-Josée Martin vit à présent dans le quartier Vanier, à Ottawa. Un neuro-blastome métastasique auquel elle a survécu en dépit de sombres pronostics l’a privée de l’usage de ses jambes, ce qui n’a en rien altéré sa passion pour l’écriture. Un jour, ils entendront mes silences est son second roman.


L’historien de rien est une fresque insolite, et très courte (173 pages), déployant trois histoires parallèles campées dans trois époques différentes. C’est tout à la fois une institutrice qui rêve d’Europe au tournant du XXe siècle, deux pré-adolescents en mal de sensations en vadrouille dans l’Ottawa des années 1960 et, enfin, un ancien avocat devenu quincaillier qui, de nos jours, voit toujours le proverbial verre à moitié plein. Extrait : « Il ne se passait pas un jour sans que l’on apprenne quelque histoire confirmant la fin imminente d’une vie qui avait perdu son sens originel. L’Église perdait ses fidèles, le quartier perdait du monde, la communauté francophone déménageait au Québec ou en banlieue, même les personnes changeaient de visage avec l’habillement jeune, les coiffures, les lunettes. »


Romancier estimé, Daniel Poliquin (L’homme de paille) est né à Ottawa. Doctorant en lettres, il a notamment traduit Jack Kerouac et Mordecai Richler. Il est un ardent défenseur des droits de la minorité francophone en Ontario.



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