Cinéma - Dans l’oeil du cinéaste Jacques Leduc

À partir de sa série Chronique de la vie quotidienne, série de huit courts films de la vie quotidienne à la fin des années 1970 en cinéma vérité, hommage avait été rendu au cinéaste Jacques Leduc aux Rendez-vous du cinéma québécois 2012. S’étaient réunis autour de la table, outre Leduc, le journaliste Georges Privet, le directeur photo Pierre Letarte et les cinéastes Louis Bélanger et Robert Morin.


Voici cette table ronde disponible en DVD, inclus dans le livre que Georges Privet consacre à l’oeuvre de Leduc, à sa petite musique faite de travail en équipe, de regard attentif et sans prétention posé sur une société en mutation - il a beaucoup tourné au cours des années charnières 1970 et 1980. Le DVD en soi vaut le détour, avec toutes ces conversations sur la nostalgie du direct dont Leduc a tant porté l’héritage, en se collant aux gens, dans le documentaire comme en fiction, l’approche humaine et technique se mariant à l’éthique de son regard.


Le petit ouvrage de Privet cumule à la fois une filmographie expliquée par Privet et Leduc, des commentaires de six cinéastes influencés par Leduc - Denis Côté, Simon Lavoie et Pascale Ferland, entre autres. Un film comme le très beau On est loin du soleil (1970), par exemple, abordant à travers les vertus de divers personnages, dont celui d’Esther Auger en jeune femme cancéreuse, tout en résignation, l’héritage du frère André, se révèle, comme le soutient Georges Privet, « une méditation remarquable sur l’âme québécoise ».


Ailleurs, à propos de La vie fantôme (1993), d’après le roman de Danielle Sallenave sur un triangle amoureux, avec Ron Lea et Pascale Bussières, l’auteur dira : « Dans un cinéma qui a toujours eu des problèmes à explorer le désir, La vie fantôme reste l’un des rares films québécois à aborder la sexualité de front, de façon lumineuse et sans jugement. » Jacques Leduc commentera de son côté : « C’est l’histoire d’un homme infidèle ? Ben oui, pis après ? »


Ce livre aidera le lecteur à mieux saisir l’apport d’un cinéaste sensible et curieux, mais oeuvrant hors du star-système, modeste et trop peu reconnu par la postérité.

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