Dis-moi que tu m’aimes, Honoré Mercier

Étudiant en droit de sensibilité libérale et, plus tard, premier ministre du Québec, Honoré Mercier (1840-1894) dénonce, dès juin 1864, le projet de Confédération canadienne que les conservateurs de l’Amérique du Nord britannique, en particulier chez nous George-Étienne Cartier, veulent soumettre au Parlement de Londres. Il écrit à Léopoldine Boivin : « Cartier nous a trahis ; il nous a vendus. » Criante de vérité, sa correspondance inédite avec sa future femme nous révèle un drame intérieur : « Je ne sais si je ne dois pas briser ma plume et renoncer à cette politique trompeuse et égoïste. » Amédée Papineau, fils du grand Louis-Joseph, déclare en 1894 dans son journal inédit : « Un homme […] nous aurait peut-être sauvés, Mercier ! » Mais, déjà, l’heure du Québec tardait.