Livre - Dans la cage, Mathieu Leroux

Sombre et court premier roman, Dans la cage suit la trajectoire d’un homme en peine d’amour. Des pages brutes où l’homosexualité est vécue comme un poids, un « défaut de fabrication », une « maladie mentale ». Une vraie bombe à retardement. La sexualité y est une arme tournée autant vers soi que vers les autres. « Je suis le fils d’Hedda Gabler ; je refuse la lumière. Mon appartement est une cage qui se referme sur moi… » Sur fond d’histoire familiale meurtrie, le narrateur y raconte aussi le retour de son frère aîné, homosexuel (lui aussi), toxicomane et séropositif. Mathieu Leroux crache des phrases saccadées, haletantes. Il compose une atmosphère lourde traversée d’urgence, d’isolement et de solitude, de rage et de désespoir. Le lexique animalier - jungle, proie, chasseur, gibier - sent un peu le gimmick. Et si le style haletant, la violence et la cruauté du roman accrochent vite le lecteur, ils n’ont rien de bien révolutionnaire (il y a longtemps qu’on a lu Guyotat) et ne suffiront peut-être pas à la retenir. Des maladresses qui étouffent un peu la portée de ce cri du coeur.