Livre - La marque Jacobs. Une vie en bande dessinée, Rodolphe et Alloing

C’est actuellement très prisé dans l’allée du pré-cuit au supermarché des mickeys : la vie de grands auteurs de bédés… en bédé. Vous vous êtes irradiés de rayon U depuis l’enfance, avez percé le secret des pyramides, compté jusqu’à trois les formules du professeur Sato ? Vous aimerez La marque Jacobs, by jove ! D’autant que c’est dessiné à la manière d’Edgar P. ; ligne claire et bulles rectangulaires, ça ne peut que plaire. Qui plus est, Rodolphe et Louis Alloing ont saupoudré leur narration a priori platement chronologique — passion pour l’opéra, rencontre et collaboration avec Hergé, création de Blake et Mortimer, gloire, déclin — de tout un tas de références à l’œuvre du maître. Ça manque quand même d’aspérités et de zones d’ombre. Le respect étouffe. Là où le Gringos Locos de Yann et Schwartz prenait toutes les libertés nécessaires pour que la fameuse équipée mexicaine du trio Jijé-Franquin-Morris ne manque pas de jus de cactus, là où le Georges et Tchang de Laurent Colonnier payait d’audace en évoquant des liens équivoques entre Hergé et son ami chinois, on est ici dans la génuflexion émue. À se demander si, parfois, la ligne claire n’est pas trop claire pour éclairer une vraie vie.

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