Littérature étrangère - Routes et déroutes

Quelque part en Grèce ou en Turquie, zigzaguant dans des drailles de mouton à flanc de montagne. L’homme à côté de nous est habillé d’un complet de gitan, il a des Doc Martens aux pieds. Un gros sac à dos high tech et orange, rempli de l’inutile comme du superflu, est accroché à son dos.


Le soleil tape, on a oublié où on allait, on a soif ? Notre compagnon de route, pourtant aussi désorganisé que nous, a heureusement pensé à mettre dans son sac deux bouteilles de vin blanc. Après tout, boire n’est-il pas une façon de « voyager sans quitter sa chaise » ? Mais pendant qu’on étanche sa soif et qu’on fait prendre l’air aux ampoules, la sueur n’aura pas le temps de sécher.


Bienvenue à bord. On s’y croirait. Nous sommes en compagnie de l’écrivain et marcheur norvégien Tomas Espedal. Autobiographie, essai, récit de voyage, Marcher (ou l’art de mener une vie déréglée et poétique) rend notamment hommage à sa façon, c’est-à-dire de façon libre et « déréglée », aux grandes ombres de Thoreau et de Knut Hamsun (bien sûr). En nous livrant ses réflexions et quelques échantillons de ses marches, Espedal nous promène en Norvège, nous entraîne sur les traces de Dylan Thomas au pays de Galles et nous fait errer sur les traces d’Erik Satie dans la banlieue parisienne.


« Jamais je n’ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, écrit Rousseau dans ses Confessions, que dans les voyages que j’ai faits seul et à pied. » Le mouvement est solitude, inconfort, complications. Mais Tomas Espedal l’avoue : « J’ai toujours cherché à me compliquer les choses. » C’est ce qui fait tout son charme.


Collaborateur

À voir en vidéo