Romans québécois - L’a b c de la rentrée

Photo: Illustration: Christian Tiffet

Tout est devant, tout est encore permis, alors, allons-y, rêvons. Rêvons les romans que nous voulons. De A à Z, l’a b c de la rentrée littéraire au Québec.


Archambault, Gilles : après le tragique et sublime Qui de nous deux ?, le collaborateur du Devoir publie son 32e livre, Lorsque le coeur est sombre (Boréal, janvier).


Barbelés : récit autobiographique d’un homme qui croupit en prison depuis 40 ans. Spécialité : vols à main armée. Moyen d’évasion : la littérature. Il lit Baudelaire, Nelligan, Nietzsche, Sartre ou Nelly Arcan. Son nom : Pierre Ouellet. (Sémaphore, février).


Couple : souvent déchiré ou en crise, il inspire particulièrement nos romancières. Ying Chen dans La rive est loin (Boréal, janvier), Lori Saint-Martin dans Les portes closes (Boréal, mars), Janette Bertrand dans Lit double, tome ii (Libre Expression, avril)… Et Sophie Létourneau, dont le premier livre, Chanson française, « n’est pas un roman : c’est une chanson d’amour comme on l’entend chez Jacques Demy, Barbara et Françoise Hardy », promet-on (Le Quartanier, avril). Côté masculin ? David Fitoussi donne le change avec Gabriel et Juliette (Marchand de feuilles, février).


DesRochers, Jean-Simon : depuis La canicule des pauvres, on veut tout lire de lui. Beaucoup d’attentes, donc, pour son troisième roman, Demain sera sans rêves (Herbes rouges, février).


Enfance : elle alimente depuis toujours les écrivains, pour le meilleur et pour le pire. Ici, encore, avec On ne rentre jamais à la maison de Stefani Meunier, qui sait si bien créer des climats particuliers (Boréal, janvier). Et avec La distorsion, du toujours surprenant Hans-Jürgen Greif (L’Instant même, avril). Trois nouveaux auteurs en tâteront : Nicolas Delisle-L’Heureux avec Les pavés dans la mare (Pleine lune, février), Maude Favreau avec La fée des balcons (Druide, février) et Joanna Gruda avec L’enfant qui savait parler la langue des chiens, sur « une enfance hors du commun, qui commence à Varsovie à l’orée de la guerre et qui s’achève dans Paris libérée » (Boréal, février).


Famille : pour son 20e ouvrage, Jadis, si je me souviens bien…, Georges-Hébert Germain a fouillé sa propre histoire familiale en confrontant les souvenirs de divers membres de sa tribu (Libre Expression, avril). Louise Portal termine sa trilogie gaspésienne avec Les soeurs du Cap (Hurtubise, mai). Et quand les parents sont vieillissants et que tout le monde est éparpillé aux quatre vents ? C’est la situation qui prévaut dans Un vent prodigue, de l’auteure manitobaine Simone Chaput (Leméac, février).


Grégory Lemay : dans son cinquième roman, C’était moins drôle à Valcartier, cet ex-journaliste met en scène un jeune garçon qui s’engage naïvement dans l’armée canadienne (Héliotrope, février).


Hommage à l’érotisme : Virginia Pésémapéo Bordeleau, auteure métisse crie qui nous a donné un premier roman inspiré et déstabilisant, Ourse bleue, propose L’amant du lac, présenté comme le « premier roman érotique amérindien »… (Mémoire d’encrier, janvier).


Identité : l’héroïne de Marie-Christine Arbour dans Chinetoque pourrait bien avoir perdu la sienne… (Triptyque, février). Quant aux personnages à qui François Blais donne la parole dans La classe de Madame Valérie, seront-ils déçus de ce qu’ils sont devenus à 30 ans par rapport à ce qu’ils espéraient enfants ? (L’Instant même, avril). Et sur le vieillissement, on se doute que le portrait ne sera pas réjouissant sous la plume de l’irrévérencieux François Barcelo, dans J’haïs les vieux (Coups de tête, avril).


Jobin, François : dit de son roman Mensonges et autres tromperies : « Toute vérité, prétend-on, n’est pas bonne à dire. C’est sans doute pourquoi nous mentons tous un jour ou l’autre. Par habitude, par peur, par jeu, par plaisir. Pour survivre aussi. Et puis le mensonge est tellement plus intéressant que la franchise. » (Courte Échelle, février).


Kim Thuy : après un livre à quatre mains, l’auteure de Ru revient à sa voix individuelle avec Rouma, qui prend son envol sur le bord du Mékong (Libre Expression, avril).


Laferrière, Dany : ses Notes à un écrivain en pyjama s’adressent d’abord aux auteurs en herbe, paraît-il. Mais pas seulement, tel qu’on connaît Dany… (Mémoire d’encrier, février).


Mars : il faudra attendre jusque-là pour découvrir La maison des pluies, de l’intense Pierre Samson (Herbes rouges).


Nouvelles : on lira celles, assurément mordantes, de Sergio Kokis, rassemblées dans Culs-de-sac (Lévesque éditeur, janvier). Et celles, qu’on dit en trompe-l’oeil, de Mylène Bouchard dans Ciel mon mari ? (La Peuplade, avril).


Orphéon, L’: ce projet original, qui a déjà donné lieu à trois romans hyper-différents situés dans le même immeuble, termine sa course avec Quinze minutes, un conte allégorique de Patrick Senécal, et Coïts, une histoire coquine de Véronique Marcotte (VLB, janvier).


Père : celui de Deni Y. Béchard était braqueur de banques. Ce qui a inspiré à l’auteur de l’époustouflant Vandal love le nouveau Remèdes pour la faim (Alto, avril).


Québec : c’est au creux du Faubourg Saint-Jean-Baptiste, à Québec, que Mylène Gilbert-Dumas situe son troisième roman sur le thème du changement, Les deux saisons du faubourg (VLB, mai).


Retour sur soi : la poète, romancière et essayiste Madeleine Gagnon, lauréate en 2002 du prix Athanase-David pour l’ensemble de son oeuvre, nous offre enfin son autobiographie, Depuis toujours (Boréal, mars).


Sagas et romans historiques : Jean-Pierre Charland met fin à sa populaire série Félicité (Hurtubise, février). Francine Allard poursuit sa saga De l’eau sur le papier (Trois-Pistoles, avril). Micheline Duff clôt Pour les sans-voix (Québec Amérique, mars). Chez le même éditeur, paraît d’abord en février le tome ii de Gaby Bernier, où Pauline Gill nous plonge dans l’univers d’une créatrice de mode québécoise au cours des années 1930. Puis, en avril, l’homme de cinéma Paul Almond retrace l’arrivée des premiers colons anglais au Québec dans Saga Alford. Aussi, l’auteure de L’âme du minotaure, Dominike Audet, entame une saga qui nous ouvre les coulisses de la vie du grand inventeur Thomas Edison, avec Le sorcier de Menlo Park (Hurtubise, avril). Enfin, une histoire d’amour sur fond de guerre hispano-sud-américaine signée Simon Auclair, Guano (l’Hexagone, mai).


Ringuet : le cinéaste Denys Arcand revisite le classique de notre littérature Trente arpents en adoptant un point de vue différent d’un personnage qui donne cette fois son titre au roman, Euchariste Moisan (Leméac, janvier).


Unique : Le café Maure, qui prend place en Algérie dans les années 1950, est l’unique roman de l’acteur algérien Mazouz OuldAbderrahmane, mort à Montréal en décembre dernier. (Triptyque, janvier).


Vachon, Hélène : après Attraction terrestre, où elle décrivait l’univers d’un drôle d’embaumeur, cette inventive écrivaine met en scène un acteur atypique dans La manière Barrow (Alto, janvier).


Wittgenstein : dans Les effets pervers, le héros est un fervent admirateur de ce philosophe. Il admire aussi Descartes. Surtout, il est tueur compulsif… L’auteur, Martin Gagnon, par ailleurs prof de philo, réécrit son premier roman, paru il y a une douzaine d’années (Le Quartanier, mars).


XYZ : à cette maison d’édition, on voudra lire le nouvel opus de la très imaginative Émilie Andrewes, Conspiration autour d’une chanson d’amour (mars). Mais d’abord, un livre qui intrigue : « Vous allez lire des aveux. Vous allez lire des confessions. Ce récit, Claude Jasmin l’admet volontiers, lui sert d’exutoire. Voici un “ vieil homme ” qui se souvient d’une grave erreur de jeunesse. » C’est ainsi que l’éditeur présente Anita, une fille numérotée (février).


 

Collaboratrice

2 commentaires
  • Nasser Boumenna - Abonné 19 janvier 2013 08 h 56

    rentrée?

    Merci pour la liste. On ne s'ennuiera pas cet hiver mais je croyais que la rentrée, c'était seulement en septembre.

  • Amélie Panneton - Inscrite 19 janvier 2013 11 h 43

    C'est peut-être un détail, mais ce ne sera pas le premier livre de Sophie Létourneau... elle a déjà publié 'Polaroïds', chez Québec-Amérique. Très hâte de la relire!