Des mots qui font images, et vice-versa

Entre les écrits pour tout-petits et ceux pour adolescents, il est dur de faire le tour du jardin de la littérature jeunesse. Un chemin proposé pour défricher les premiers : les auteurs qui font corps avec leur illustrateur, au sens propre comme au figuré.


Car il y a ceux qui écrivent et dessinent. Cet hiver, on les trouve surtout du côté des oeuvres étrangères.


Le Britannique Alex T. Smith en est un bel exemple. Dans Ella : la petite coccinelle au grand coeur (Scholastic, janvier), il revisite le conte Cendrillon, en version bestioles sympathiques. L’amour ne donne-t-il pas des ailes ?


L’Américaine Rebecca Emberly porte aussi les deux chapeaux, quoique ici, elle con-voque son père Ed Emberly, illustrateur réputé, pour réinventer la fable de La Fontaine dans La sauterelle et la fourmi (Scholastic, avril). Ici, les deux insectes deviennent amis, l’artiste réenchantant la besogne de la travailleuse.


Vos petits résistent au char-me de la lecture ? Plus pour longtemps avec Je ne lirai pas ce livre de Cece Meng (Scholastic, janvier) illustré par Joy Ang.


Chez nous, plusieurs auteurs allient aussi plume et crayon avec brio. Dans Les trésors de M. Monsieur (Scholastic, mars), l’auteure et illustratrice Geneviève Côté prête sa voix et son trait à un chat rusé, qui fait réfléchir à la société de consommation.


La talentueuse Élise Gravel pose momentanément le crayon pour faire équipe de choc avec l’illustratrice Iris (Boudreau) dans Les leçons du professeur Zouf (La Courte Échelle, février). Cet expert en tout rend intelligent surtout ceux qui… ne l’écoutent pas !


Le trait fin et faussement naïf d’Iris aiguillonne aussi l’album jeunesse L’abominable de Danielle Chaperon (La Courte Échelle, janvier), où un troisième larron chamboule une amitié à deux.


Autre tandem qui a déjà fait ses preuves, celui de Michèle Marineau et Manon Gauthier, qui signent Pétillo ! (Québec Amérique, mars), suite des aventures de Pétronille, qui décide d’ajouter un pays sur la carte du monde, pays que toute sa famille ira visiter.


Cocorico ! de François Gravel (Québec Amérique, mars) aborde les différents alphabets du monde et autres particularités des grammaires planétaires illustrées par les créations-collages surréalistes de Katy Lemay.


L’ara qui rit de Pierre Roy (Pierre Tisseyre, février) s’égosille sous le trait de Josée Bisaillon, deux fois finaliste aux Prix du Gouverneur général. Une histoire de perroquet qui s’aime un peu trop… jusqu’à ce qu’il perde la grandiose voix qui faisait sa renommée.

 

Bande à part


Du côté des lectures ado, les récits fantastiques et les histoires d’amour dominent. Voici quelques choix qui font bande à part.


Celle qu’on surnomme la Kathy Reichs des adolescents, Norah McClintock, signe ici le roman historique Une mer de chagrin (Scholastic, mars), journal intime d’une jeune Irlandaise arrivée au pays au temps du typhus. On retient ce titre surtout parce qu’il relate l’histoire méconnue de Grosse Île, qui a servi de station de quarantaine de 1832 à 1937.


Les monstres en dessous (Québec Amérique, janvier) du prolifique auteur et artiste Simon Boulerice aborde le problème d’énurésie nocturne à travers le jeune Nathan, 11 ans, qui rivalise d’imagination pour camoufler ses délits.


Les voleurs de mémoire, d’André Marois (La Courte Échelle, janvier) est une des rares dystopies, en roman jeunesse, campées dans la société québécoise. En 2039, une épidémie de grure, maladie qui efface la mémoire, gangrène la population. Lola, 15 ans, l’aînée de la nouvelle génération des Québécois, devra combattre le mal par le mal…

1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 20 janvier 2013 09 h 53

    Je vous re-salue

    Bonjour madame, c'est la deuxieme fois cette semaine que je vous lie, cette fois -ci ce qui m'a attiré c'est quand vous dites les mots font images et vice-versa, les mots qui deviennent des images, et les images qui deviennent des mots, cette corrélation entre les deux, m'a toujours intrigué. Dans nos reves l'un peut tres bien etre remplacer par l'autres, des fois c'est la sonorité , qui l'emporte et d'autres fois c'est l'analogie. Le cerveau ayant le besoin d'en faire une équation formelle. En fait je crois que les lettristes du temps avait raison de dire que les mots sont plus que les mots, c'est ce que j'ai appris avec mon ami Gauvreau, mais je ne suis pas sur qu'il y a beaucoup de gens, qui le comprenne. Je vous re-salue madame