Bande dessinée - Les discrets de 2012

Dans la masse, des perles finissent par se perdre. En 2012, plusieurs bandes dessinées sont passées sous le radar. Malgré elles. Retour en arrière, en 10 mouvements.


Hilda et la parade des oiseaux (Nobrow), de Luke Pearson Objet. littéraire étrange mis au monde par une maison d’édition britannique qui publie des titres en français, ce conte urbain et philosophique met en scène une petite fille et un oiseau qui parle. Le manifeste du mâle dominant (Le Lombard), de Bouq. Cinquième tome des célèbres et toujours aussi désopilantes aventures de Jérôme Moucherot, assureur atypique dans la jungle de la condition humaine, l’album poursuit l’autopsie loufoque de nos travers, par l’absurde.

L’hiver du dessinateur (Rackham) de Paco Roca. Un petit bijou littéraire de 2012, riche en graphisme et en histoire. On est dans l’Espagne des années 1950. Un groupe d’auteurs, idéologiquement à l’étroit dans la maison d’édition Editorial Bruguera, va partir pour fonder Tio Vivo, éditeur autogéré mis au service de la liberté d’expression. Lucide.



Une si jolie petite guerre (Denoël Graphic) de Marcelino Truong. La guerre du Vietnam vue sous un autre angle, celui d’un petit garçon, fils de diplomate vietnamien envoyé à Washington et d’une mère française. À l’aube du terrible conflit, ils vont être « rappelés » à Saïgon, espérer et se retrouver dans la tourmente.



Le fantôme d’Anya (La Courte Échelle) de Vera Brosgol. Sombre et charmant. C’est l’histoire d’une jeune fille mal dans sa peau qui se lie d’amitié avec une autre fille, décédée depuis longtemps. Brosol a bossé sur le scénario du film d’animation Coraline. Ceci explique cela.




Hop (éditions Michel Quintin) de Karine Gottot et Maxim Cyr. Mélanie est patiente dans un hopital, endroit où, selon elle, il est possible de trouver le plus grand nombre de situations absurdes au monde. Hop raconte son quotidien. Pour rire.




Pinkerton (La Mauvaise Tête) de François Samson-Dunlop et Alexandre Fontaine Rousseau. La musique des années 1990 peut avoir des conséquences délétères sur la vie sentimentale d’un individu. Deux potes, largués par leurs blondes, vont en prendre conscience et essayer de s’en sortir.



Flâneurs (L’Oie de cravan) de Simon Bossé. L’adolescence et son rapport étrange à lui-même, au temps, à l’autre et à l’avenir raconté avec humour et finesse. Souvent. Konoshiko (Les Impressions nouvelles) de Luc Giard et Jean-Marie Apostolidès. Objet littéraire étrange en deux récits qui se rejoignent autour de 300 dessins à l’encre de Chine qu’un certain Raymond Girouard, interné à l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, aurait produits. Tout ça est troublant. Pour commencer.


L’incroyable histoire de la sauce soja (La Pastèque) de Fumio Obata. C’est surtout une série d’histoires courtes qui plongent dans l’imaginaire éclaté et riche d’un auteur à cheval entre la tradition littéraire japonaise et européenne. Superbe.