Livre - Fractions 5, Jean Marcel

Professeur retraité de l’Université Laval, spécialiste de littérature médiévale, essayiste patenté (Jacques Ferron malgré lui et Le joual de Troie, parus au début des années 1970), fervent lecteur de San Antonio et romancier qui se fait rare depuis le dernier tome du Triptyque des temps perdus en 1993, Jean Marcel semble avoir trouvé son genre : les fractions. Depuis Bangkok où il habite depuis plusieurs années, Jean Marcel continue de nous envoyer, à sa manière, les signaux discontinus de sa pensée sous la forme de fragments puisés dans ses carnets de notes. Sans être particulièrement ciselées quant à la forme, loin des Inscriptions fulgurantes ou abyssales de Louis Scutenaire, ses Fractions 5 nous présentent, en vrac, des éloges du cinéma iranien et du style de Paul Morand, quelques commentaires un peu chagrins sur le progrès technologique, une fenêtre ouverte sur la Thaïlande, le compte rendu d’un séjour de Marguerite Yourcenar à Bangkok en 1983. Aussi : quelques pages inspirées par une retraite dans un centre de méditation bouddhiste thaïlandais, ainsi qu’un long éloge des maîtres de sa vie, de la « petite école » jusqu’à certains de ses meilleurs étudiants. Sans oublier une lettre adressée à la veuve de Pierre Vadeboncoeur, hommage sensible et intelligent à l’ami et à l’auteur des Deux royaumes - « lequel n’a d’équivalent, écrit Marcel, dans aucun temps et aucune littérature (si ce n’est peut-être les Essais de Montaigne, qui se réfugie dans un moment semblable dans la tour de son château) ». La retraite, pour Jean Marcel, est d’abord une position de pensée et d’observation.