Le Franqus - Et 60 000 mots sont mis en ligne…

Pierre Vallée Collaboration spéciale
Les chercheurs qui ont développé Franqus ont consacré beaucoup d’efforts aux logiciels qui servent au fonctionnement du dictionnaire, afin qu’il soit le plus convivial possible.
Photo: La Presse canadienne (photo) Manu Fernandez Les chercheurs qui ont développé Franqus ont consacré beaucoup d’efforts aux logiciels qui servent au fonctionnement du dictionnaire, afin qu’il soit le plus convivial possible.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

La première version complète du dictionnaire Franqus est maintenant en ligne en mode d’essai. Ce sont donc plus de 60 000 mots qui y sont traités, dont notamment 10 000 mots qui sont propres ou qui ont un sens particulier au Québec.

Ce projet de dictionnaire qu’est le Franqus a été réalisé sous la direction d’une équipe de chercheurs du Département des lettres et des communications de l’Université de Sherbrooke. La professeure Hélène Cagolet-Laganière, l’actuelle directrice, et le professeur Pierre Martel, aujourd’hui à la retraite, en ont assumé la direction éditoriale.

La professeure Chantal-Édith Masson en a assumé la direction informatique. « Nous avons aussi pu compter sur la collaboration de nombreux chercheurs, souligne Hélène Cagolet-Laganière, dont des chercheurs de l’Université Laval, de l’Université de Montréal, de l’UQAM, mais aussi de l’Université de Moncton ainsi que de l’Université d’Ottawa. »


À l’image du Québec


Rappelons que le dictionnaire Franqus, dont l’acronyme vient de l’expression « français québécois d’usage standard », est le premier dictionnaire du français usuel à ne pas avoir été élaboré en France. « Il était temps de se donner un dictionnaire qui reflétât les réalités d’ici. Il vient en quelque sorte légitimer l’usage et le sens des mots que nous utilisons au Québec. Par contre, on ne voulait pas non plus couper tous liens avec le reste de Francophonie et en particulier avec la France. »


C’est la raison pour laquelle le Franqus ne se limite pas aux seuls québécismes ou néologismes québécois mais contient aussi tous les mots du français usuel qu’on peut retrouver dans des dictionnaires comme Le Petit Robert. C’est plutôt l’approche ici qui distingue le Franqus. « Toutes les définitions sont de notre cru, nous n’avons rien emprunté aux autres dictionnaires. De même, les citations que nous donnons en exemples proviennent en très grande majorité d’auteurs québécois. »


De plus, le Franqus met l’accent, lorsque cela est de mise, sur l’usage québécois du mot. « S’il s’agit d’un mot dont l’usage et la définition sont identiques au Québec comme en France, l’inscription du mot sera neutre. Par contre, si l’usage et la définition sont différents, on indiquera l’usage et la définition qu’on en fait au Québec ainsi que l’usage et la définition en France. »


Ainsi, à l’entrée du mot « bleuet », on trouvera la définition française, celle d’une petite fleur bleue, mais aussi la définition québécoise, celle du petit fruit. On va même plus loin en indiquant qu’il s’agit aussi du sobriquet donné aux habitants du Saguenay -Lac-Saint-Jean. « De plus, on trouvera même les noms en usage en France qui désignent le petit fruit, comme « airelle » ou « myrtille ». »

 

En version informatique


Si le dictionnaire Franqus paraît en premier en version électronique, c’est d’abord qu’il a été conçu ainsi. « La version électronique permet énormément de souplesse et nous donne la possibilité de le mettre à jour presque instantanément. Par exemple, on a dû récemment rajouter le mot « caquiste ». Cela donne un dictionnaire qui est en quelque sorte vivant. De plus, comme le dictionnaire est informatisé, il n’y a pas la limite imposée par le format en papier. Ainsi, nous disposons de tout l’espace nécessaire pour nuancer. »


On a aussi consacré beaucoup d’efforts au développement des logiciels qui servent au fonctionnement du dictionnaire, afin qu’il soit le plus convivial possible. « Par exemple, si quelqu’un fait une erreur dans l’orthographe du mot qu’il cherche, le dictionnaire lui fera des propositions. On a voulu que le dictionnaire soit vraiment accessible à tous. »


De plus, le dictionnaire électronique est conçu de façon que l’usager puisse y fureter à sa guise, chaque entrée contenant une série de liens. Si on reprend l’exemple du mot « bleuet », on y trouve aussi le mot « myrtille ». Un simple clic sur le mot « myrtille » mènera l’usager à l’entrée « myrtille », et ainsi de suite.

 

À valeur ajoutée


La version électronique a aussi permis la mise en place d’un dictionnaire à valeur ajoutée. « En plus des définitions et des citations qui servent d’exemples, les entrées contiennent aussi certaines informations jugées pertinentes à la bonne compréhension. Par exemple, au mot « common law », on indique que ce type de droit existe dans les pays de tradition britannique, comme le Canada, mais qu’au Québec le droit privé échappe au common law puisqu’il est régi par le Code civil. » De plus, certaines entrées renvoient à des articles thématiques plus étoffés. De même, les auteurs cités ont droit à une mention biographique.


En somme, ce dictionnaire se veut le plus complet possible. À titre d’exemple, jetons un coup d’oeil sur l’entrée du verbe « faire ». Non seulement y trouve-t-on toutes les définitions possibles du verbe « faire », mais aussi une liste de toutes les expressions et les constructions utilisant le verbe « faire ». On y trouvera aussi une liste des anglicismes critiqués du verbe « faire » ainsi qu’un tableau de conjugaison. « On voulait non seulement donner à l’usager une définition complète du mot recherché, mais aussi les outils nécessaires pour bien l’employer. »


Les curieux et les amoureux du français en usage au Québec pourront s’inscrire à la version d’essai du dictionnaire Franqus en allant à l’adresse Internet suivante : http ://franqus.ca/dictio. L’inscription à la version d’essai est gratuite. Une fois la période d’essai terminée, le dictionnaire sera ensuite vendu aux utilisateurs sous forme de licence. « Nous n’avons pas encore déterminé le prix, mais il sera très concurrentiel. »

Collaborateur