Les partis se prononcent sur la nécessité de réglementer le prix du livre

Photo: Jacques Grenier - Le Devoir

L’appel du milieu du livre aux chefs des partis politiques a été entendu. À la suite d’une lettre envoyée fin août par la Table de concertation du livre, qui réunit plusieurs intervenants importants du milieu, les partis politiques se sont prononcés sur la nécessité de réglementer le prix du livre. Seul le Parti libéral n’a pas directement répondu à l’appel des associations, mais ses intentions étaient déjà claires et connues.

Québec solidaire a été le premier à répondre, en s’engageant à adopter une politique du livre. « Celle-ci comprendra une réglementation pour que les nouveaux livres soient vendus au prix de l’éditeur, pour une période limitée, partout sur le territoire québécois. » De son côté, le Parti québécois a affirmé qu’élu, il accélérerait les travaux qui mèneraient à une législation. La Coalition avenir Québec a quant à elle assuré qu’elle se pencherait sérieusement sur une réglementation dès son élection et ne manquerait pas « de prendre des mesures concrètes pour aider l’industrie du livre à prospérer au Québec comme ailleurs dans le monde ». Option nationale s’est déclarée d’accord avec une législation du prix de vente des nouveautés.

 

Le Parti libéral n’a pas répondu directement, mais ses positions ont été communiquées en juin dernier, quand la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a annoncé le lancement d’un chantier pour actualiser la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre.

 

Optimisme

 

Benoît Prieur, directeur général de l’Association des distributeurs exclusifs de livres en langue française (ADELF) et porte-parole pour la Table, s’est dit ravi de la réponse des partis. « L’important était qu’ils réalisent l’importance de ce dossier. On est confiants pour la suite des choses. »

 

Rappelons que la Table de concertation du livre avait, dans un même élan, exhorté les partis politiques à s’exprimer sur le prix du livre et lancé une campagne de relations publiques pour sensibiliser la population. Le site Internet noslivresajusteprix.com lancé pour l’occasion collige des témoignages de grands écrivains ainsi que de la documentation sur les effets de la réglementation du prix du livre dans le monde. L’industrie d’ici estime être fragilisée par la vente au rabais de best-sellers dans les grandes surfaces et croit que ces soldes nuisent à tout l’écosystème, de l’écrivain au libraire.

 

Huston unit sa voix

 

L’auteure Nancy Huston a ajouté jeudi sa voix à celles de Marie Laberge, de Caroline Allard, de Jean-Jacques Pelletier, de Nicolas Dickner et de Michel Rabagliati sur l’importance d’imposer le prix unique. « Si le marché du livre est régi exclusivement par des considérations de profits, comme tant d’autres marchés de nos jours, nous serons gravement perdants, y écrit la romancière et essayiste. Un pays où tout le monde achèterait et lirait les mêmes livres bon marché est un pays où les esprits deviendraient gras, paresseux et malades à force de mal se nourrir. La diversité des lectures est aussi précieuse que celle des semences de maïs et de soja […]. Et il faut se battre coûte que coûte pour préserver cette espèce fragile, actuellement menacée d’extinction : les petits libraires. »

 

On retrouve à la Table de concertation du livre l’ADELF, l’Union des écrivaines et des écrivains québécois, l’Association des libraires du Québec ainsi que les bibliothèques publiques du Québec, entre autres.