Des nouvelles de France Boisvert

«Quelle chimère est-ce donc que l’homme ? Quelle nouveauté, quel monstre, quel chaos, quel sujet de contradiction, quel prodige ! » S’inspirant d’une citation de Pascal, France Boisvert montre comment, dans nos sociétés bien lisses, des personnes raisonnables et respectables s’abritent derrière le paravent des apparences pour se mentir à elles-mêmes. D’une nouvelle à l’autre, chaque personnage se retrouve nu et sa vraie nature se révèle. C’est féroce comme il faut, ni trop peu ni en excès. La juste dose.

Sous le signe de la cogitation et de la rigolade, les vingt nouvelles traitent des destinées d’hommes et de femmes aux contours familiers qui sont confrontés à un moment de leur histoire où leur vie bascule. Sous le vernis de la culture, les craquelures se font jour, la véritable condition humaine apparaît. « La nature humaine est infinie et changeante dans ses manifestations. Il y a des gens cuirassés qui ne ressentent rien, et d’autres qui sursautent à la moindre peccadille. Il y a aussi les écorchés vifs, les lents qui procrastinent, les histrioniques cherchant à se faire bien voir, les hypocrites qui manigancent, les pimbêches roucoulantes, les colonels d’opérette poussant de lyriques envolées et les obsessionnels compulsifs qui vérifient cent fois s’ils ont bien fermé leur porte à clé. » (French culture in America)


Les comportements des uns et des autres sont décortiqués et analysés avec une joyeuse ironie. L’auteure fait la démonstration subtile que la tyrannie des apparences, en sa transposition culturelle, conduit à un alignement par le bas. Ses personnages, engagés dans un processus de déculturation de manière irréversible… Le champ de ruines est immense.Maintenant un rythme d’écriture prompt du début à la fin, la romancière, nouvelliste et poète France Boisvert s’exprime en réparties vives, souvent colorées, a le verbe facile et la plume alerte, un amour pour le mot juste et le juste sens des mots. Dans le vent vert de juin, les nouvelles d’Un vernis de culture se lisent et se savourent comme « un gelato al limon ».