Littérature québécoise - Bar ouvert

Second roman de Vic Verdier, aussi connu sous le nom de Simon-Pierre Pouliot, Le Moderne Cabaret est la suite de L’appartement du clown (XYZ, 2010). Quelques années ont passé et la chronique se poursuit à travers une narration très dense dont le fil conducteur demeure un peu le même : les amours et les projets de son alter ego fictif.

C’est ainsi sans surprise qu’on retrouve Vic, le narrateur, gérer la situation avec sa fiancée, qui souhaite que leur relation prenne une direction, disons, plus « institutionnelle ». Tandis qu’elle est harcelée par son ex qui sort de prison, Vic balance à présent « entre le gars qui assume et celui qui se demande encore si partager son appartement avec sa blonde ne serait pas une idée aussi tordue que de prétexter que l’Irak possède des armes de destruction massive pour lui déclarer la guerre ».


Bref, il y a un peu d’eau dans le gaz. Mais le projet du Moderne Cabaret, lui, une salle de spectacle pour la relève doublée d’un bar (une sorte de « Cavern de Liverpool en 1960 », le bar où les Beatles ont joué en public pour la première fois), a le vent dans les voiles et le tient occupé. Malgré quelques obstacles. Com-me lorsque le crime organisé (la famiglia) veut qu’on lui verse sa « juste part ».


L’autre versant du roman nous raconte ce qui est arrivé à Oliver. Défiguré par des sbires du crime organisé après une transaction de drogue qui a mal tourné à la fin de L’appartement du clown, flirtant avec la folie, il est parti en voyage en Amérique du Sud sur les traces d’un traître ami, « pour savourer le plat froid de la vengeance ».


Mais il y a encore le fantôme du grand-père de Vic, ainsi que sa mère (qui s’est fait la malle depuis longtemps) qui lui rend visite dans ses rêves.


Le roman est dense et son narrateur, sérieusement volubile. Mais l’impression demeure malgré tout, comme c’était le cas pour l’opus précédent de Vic Verdier, qu’il manque un peu de viande autour de l’os. Il y a peut-être un peu de tout dans le bar ouvert du Moderne Cabaret, oui, mais encore faut-il avoir soif.

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