Le Festival de la poésie : parler de soi et d’ici

Deuxième jour du 13e Festival de la poésie de Montréal, qui roule jusqu’au 3 juin. La grande tente, place Gérald-Godin, où les éditeurs mettent leurs livres à l’étal, sera  dressée jeudi. Les mots et les vers, depuis hier soir, sont à l’honneur, sur scène ou bien sages sur la page. Entre lectures et spectacles littéraires, se tiendra vendredi le colloque qui réunit des poètes-penseurs sur le thème Territorialité et identité(s).

Le poète Jean-Marc Desgent dirige ce colloque, qui réunit Christophe Pairoux, Denise Brassard, Rita Mestokosho, Antonio D’Alfonso, Pierre-Yves Soucy et François Paré. « Bien sûr que ces thématiques de territoires et d’identités ont été abordées par le passé, indique au Devoir Jean-Marc Desgent en entrevue téléphonique. On veut les présenter de façon très différente. La réponse à « Qu’est-ce qu’un Québécois ? » était simple il a 50 ans. Maintenant, elle est beaucoup plus diversifiée. Sommes-nous en train d’élaborer de nouvelles identités ? Comment s’imaginer, se transmettre des identités dans des textes poétiques ? C’est ce qu’on va se demander. »


Jean-Marc Desgent, qui a longtemps enseigné la littérature au cégep et se consacre désormais à l’écriture, croit que le Nouveau Continent a une longueur d’avance dans cette recherche. « Le Vieux-Continent est encore très, très engoncé dans ses monuments et ses règles. Ici, nous désobéissons aux normes européennes. On a des liens extrêmement étroits avec l’Amérique du Sud, et pas seulement dans la manière d’écrire. Les poètes s’y voient comme créateurs d’identité. On n’a pas de tradition, rien à tenir. Ce qui peut être un désavantage sur certains plans permet un dégagement. Je ne connais pas très bien la poésie américaine, mais c’est clair qu’un Charles Bukowski n’aurait pas pu naître en Angleterre. Le discours, la manière, les sujets sont très différents des mères patries. Les grandes innovations en poésie, j’en suis convaincu, vont dorénavant venir des Amériques. »


La question sera creusée vendredi à la Casa Italia. D’ici là, on peut voir ce soir le film documentaire sur Saint-Denys-Garneau, assister demain à L’hommage à l’oeuvre de Jacques Brault mis en scène par Marc Béland, ou voir une des nombreuses lectures - dont avec du trapèze volant.

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