Polar - Offensive massive

Michel Bélair Collaboration spéciale
L’écrivain sud-africain Deon Meyer
Photo: Sébastien Willnow L’écrivain sud-africain Deon Meyer

Comme s'il était nécessaire d'attirer l'attention sur les titres offerts pour cette rentrée d'hiver — le polar trône toujours en tête des ventes de livres — les éditeurs semblent s'être donné le mot pour stimuler l'intérêt encore davantage! Les grosses pointures sont légion.

Dans les grandes maisons comme chez les plus modestes, on a sorti l'artillerie lourde. Ainsi, dès février chez Métailié, on propose une série de nouvelles du vieux maître Andrea Camilleri, le père du commissaire Montalbano: Zù Cola et autres nouvelles. Mafia, politique, religion, moeurs, la Sicile comme société rurale presque disparue: tous les ingrédients sont là.

Chez Rivages, en février, on continue la publication des inédits de Donald Westlake avec Mémoire morte, un roman noir et cynique dans la lignée du Couperet. La tête fracassée par un mari jaloux au coeur de l'Amérique profonde, un enquêteur qui ne sait plus qui il est devient le sujet de son enquête. En avril, toujours chez le même éditeur, publication prévue de Swan Peak, de James Lee Burke. Dave Robicheaux, Molly et Clete Purcell sont en vacances dans le Montana... poursuivis (évidemment) par d'anciennes con-naissances: écologie, capitalisme sauvage, impunité et innocence perdue sont au rendez-vous, comme à l'habitude.

En mars, au Seuil cette fois, deux autres poids lourds. D'abord un Deon Meyer: À la trace. L'écriture remarquable de Meyer colore, dit-on, ce roman décrit comme ambitieux, dans lequel quatre personnages fort différents (dont Lemmer, qu'on connaît déjà) témoignent des réalités complexes de l'Afrique du Sud. Mais on attend aussi le plus récent opus d'Arne Dahl: Europa Blues. On y retrouvera le Groupe A sur les traces des Érinyes. Au menu: prostitution, camps nazis, torture, histoire, mythologie, littératures grecque et allemande. Ça ira?

Un peu plus tard, en avril cette fois et toujours au Seuil, on annonce l'arrivée d'un nouveau Henning Mankel, L'oeil du léopard... dont on ne sait rien de plus. Et du plus récent Jonathan Kellerman, Double meurtre à Borodi Lane, que nous découvrirons aussi ensemble.

En terminant comme ça, presque au hasard, signalons la parution de Super triste histoire d'amour, de Gary Shteyngart, chez L'Olivier, en mars. Le descriptif a un petit quel-que chose d'irrésistible: New York futuriste, image exagérée de notre époque. Alors que l'Amérique, au bord de l'effondrement économique, est menacée par ses créanciers chinois, le monde entier est arrimé à son téléphone ultraperfectionné dans une ambiance très Big Brother. La publicité triomphe et la littérature est devenue un art préhistorique. Ça vous fait penser à quelque chose?

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Polars d'ici

Du côté d'Alire, on revient à un rythme de publication un peu plus normal avec trois inédits et une réédition, puisqu'on reporte à août 2012 la sortie du second tome de Malphas, de Patrick Sénécal.

On retiendra donc surtout la sortie, fin février, du troisième volet de la série Carnets de Francis, du collègue François Lévesque, Une mort comme rivière. C'est le roman de l'âge adulte dans lequel le héros voit se révéler les clés de sa condition. Au même moment, on réédite en poche Le deuxième gant, de Natasha Beaulieu, paru en 2010; suspense garanti.

En mars, deux nouveautés. L'inaveu, de Richard Sainte-Marie, raconte une enquête mystérieuse du détective-philosophe Francis Pagliaro (!), de la SQ. Élisabeth Vonarburg, quant à elle, livre la traduction de La course de Jane, de Liz Brady; ici, la journaliste-enquêtrice, qui aime bien la bière et qui vit à Toronto, met en lumière des failles du système judiciaire ontarien.

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