Roman québécois - Destins enfouis

Archéologue de la mémoire, mais aussi chasseuse d'âmes, toujours à la recherche d'une vérité sous-jacente, de destins enfouis, d'histoires à déchiffrer, Carole David aborde dans Hollandia (Héliotrope) ses thèmes de prédilection: la transmission, l'héritage, la filiation. À travers le fracas des armes qui se fait entendre (Première Guerre mondiale, guerre du Vietnam, guerre du Golfe), elle trace les fils invisibles qui relient les générations entre elles. La novella s'ouvre sur la disparition de Max. Il n'en est pas à sa première fugue. «Quelle est la part d'hérédité dans ce besoin viscéral de disparaître?», s'interroge Joanne, sa mère, dont l'oncle a disparu en 1943 dans l'explosion de son avion au-dessus de la ville d'Utrecht, aux Pays-Bas.

Carole David concentre en un court texte (94 pages) de fiction l'essence d'événements vécus et de sensations, passe d'un siècle, d'un continent et d'une génération à l'autre, suit ses personnages jusqu'à la courbure de l'âme, avec une écriture dense, ciselée, musicale et lumineuse. Dans ce monde de vitesse, la lecture de Hollandia est un plaisir de pure lenteur et l'écriture de Carole David, un livre ouvert de la pensée et de l'affectivité.

Auteure notamment du roman Impala et du Manuel de poétique à l'usage des jeunes filles, David a publié plusieurs livres, tant en poésie qu'en fiction. Elle est née à Montréal, où elle a enseigné la littérature jusqu'à tout récemment.

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Collaboratrice du Devoir