Contre la rengaine de l'impuissance

À l'heure actuelle, constate le brillant économiste français Jacques Généreux, «l'humeur commune semble osciller entre deux sentiments: l'indignation face à l'injustice des sacrifices imposés aux peuples et l'incrédulité quant à la capacité d'un quelconque gouvernement à agir autrement».

Dans Nous, on peut! (Seuil, 2011), Généreux, qui est secrétaire national à l'économie du Parti de gauche, une formation française dirigée par l'éclatant Jean-Luc Mélenchon, contredit cette «rengaine de l'impuissance» en détruisant «le mythe des marges de manoeuvre disparues au niveau national». La mondialisation néolibérale n'est pas une fatalité naturelle et peut être renversée par le volontarisme politique.

Dans La crise financière et monétaire mondiale. Endettement, spéculation, austérité (M éditeur, 2011), l'économiste québécois Louis Gill développe sensiblement la même thèse, en suggérant «la mise sous propriété publique» des grandes banques et des entreprises «trop grosses pour faire faillite», donc «trop grosses pour demeurer privées». Gill, comme Généreux, conteste aussi la légitimité d'une part des dettes nationales et explore la possibilité de ne pas les rembourser.

Ces deux ouvrages, signés par des économistes appartenant à une gauche décomplexée, se présentent comme accessibles et à l'usage du simple citoyen, mais ils s'avèrent plutôt savants. Aussi, la version vulgarisée de ce discours rafraîchissant reste à écrire.

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Collaborateur du Devoir

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