Bayard a ouvert les portes de la France et de la francophonie à Novalis

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale

Ce texte fait partie du cahier spécial Édition - Novalis

À deux, c'est mieux. L'association de Novalis et Bayard représente des avantages majeurs pour les deux maisons, et ce, à plusieurs points de vue: distribution, mise en marché et traduction. Le nouveau terrain de jeu est maintenant toute la francophonie.

En 1936, le père Guay fonde le Centre catholique de l'Université d'Ottawa, aujourd'hui Novalis. Au départ, cet organisme ne publiait que Prie avec l'Église — qui deviendra en 1965 Prions en Église — ainsi que des cours de préparation au mariage et quelques ouvrages sur le soutien à la vie liturgique.

«Aujourd'hui, on a de véritables projets éditoriaux autour d'auteurs, alors qu'auparavant tout gravitait autour de la liturgie et du sacrement du mariage. Aujourd'hui, on veut publier des livres pour les hommes et les femmes de notre temps qui sont intéressés par le fait religieux», explique Gilda Routy, directrice commerciale chez Novalis.

La maison d'édition ajoute à cette gamme de livres religieux des livres dits de «quête de sens», soit des livres portant sur la spiritualité, et, depuis cinq ans, on a aussi enrichi le catalogue d'ouvrages de croissance personnelle.

Après un Prions en Église français

Au départ, en 1987, Bayard Presse signe une licence pour la publication d'une version hexagonale de Prions en Égli-se. Depuis, la collaboration s'est dédoublée et s'inscrit dans des activités d'édition. «Par le passé, c'étaient les magazines qui étaient le parent fort de la maison, mais, depuis la baisse de la pratique religieuse et donc la baisse des abonnements à Prions en Église et le développement de la production de la maison d'édition, on se rend compte que, finalement, le livre devient de plus en plus important, presque autant que tout ce qui est magazine», explique Mme Routy.

Avec Bayard qui devient partenaire, Novalis publie et distribue au Canada des auteurs français, et vice-versa. Pourtant, les cultures diffèrent, et ce n'est pas parce qu'un titre est populaire en France qu'il le sera au Québec. Quant à l'inverse, au début, on constatait une certaine réticence en France envers les ouvrages sur la maladie et la mort: «Chez Bayard, on n'a-vait pas d'ouvrages qui traitaient de la mort et de la façon de l'aborder. En France, il y a 15 ans, on ne disait pas à quelqu'un qui était en fin de vie qu'il allait mourir, on disait toujours qu'il y avait de l'espoir. Au Québec, on a une espèce de transparence dans la relation médecin-patient qui n'existait pas en France à l'époque.»

Les échanges commerciaux


Si Bayard a ouvert les portes de la France et de la francophonie à Novalis, celle-ci n'hésite pas à signer des contrats de coédition avec d'autres maisons: «C'est important pour nous de trouver des éditeurs français avec lesquels on va travailler pour coéditer les livres. Du coup, comme l'éditeur est sur place, déjà sur le marché français, c'est lui qui pourra le mieux prendre en charge l'édition en France.»

C'est donc ce qui se produit avec les éditions du Cerf et de l'Atelier, deux maisons qui s'adressent à différents publics et qui possèdent des caractéristiques qui leur sont propres. Avec le Cerf, la coédition a vu naître le second tome des mémoires d'Hans Küng, un théologien qu'on pourrait qualifier de subversif. Le premier tome avait été publié en 2007 sous le titre Mon combat pour la liberté.

Pendant ce temps, les éditions de l'Atelier et Novalis ont coédité Prières, de Michel Quoist, un prêtre ouvrier en France dans les années 70. On a choisi de publier ce texte en gros caractères. Des éditions qu'on retrouve de plus en plus chez Novalis: «On a toute une série de livres en gros caractères et on travaille avec des catalogues d'éditeurs français à la recherche de titres intéressants. Au départ, ces éditeurs étaient un peu réticents mais, petit à petit, ils se rendent compte qu'eux aussi ont une demande pour ce genre de publications.»

Les succès

Malgré sa petite taille, Novalis a su profiter de partenariats commerciaux avantageux. Mais, d'abord et avant tout, la maison s'est taillé une réputation locale grâce à des auteurs et à des ouvrages de qualité qui ont connu un bon succès en librairie.

Année après année, les ventes ne le démentent pas, c'est l'auteur-phare de la maison, Jean Monbourquette, qui obtient les meilleurs chiffres de ventes. Son oeuvre traitant de la vie et de la mort est traduite en plusieurs langues et des dizaines de contrats ont été signés pour la publication de ses livres dans 23 pays, dont la Chine, le Japon et la Corée du Sud.

Jean Monbourquette est décédé l'été dernier. Mais tout juste avant sa mort, il a retravaillé Le temps précieux de la fin, un livre traitant des derniers moments de la vie et destiné à apaiser la personne qui est en train de mourir.

Le dernier titre de Jean Monbourquette paru de son vivant est Excusez-moi, je suis en deuil, un essai portant, comme son nom l'indique, sur le deuil, qui est si mal vécu dans nos sociétés occidentales. Quant à De l'estime de soi à l'estime du soi, le livre propose des stratégies qui développent l'estime de soi et réveillent l'âme. Dans Comment pardonner, l'auteur explique la nature du véritable pardon et analyse les 12 étapes à franchir pour arriver à pardonner. En fait, ce n'est qu'un aperçu de l'oeuvre, puisque Jean Monbourquette a publié plus d'une trentaine de titres chez Novalis.

Quête de sens

Une autre auteure prometteuse de la maison est Christina Sergi, diplômée en théologie et enseignante de yoga, qui a publié L'ouverture, un ouvrage autour de la quête de sens. Il y a aussi cet aumônier de la prison de Bordeaux, le père Jean, qui, dans 38 ans derrière les barreaux, raconte à France Paradis le difficile quotidien des détenus. Dans quelques semaines, Novalis publiera, sous forme de recueil, des extraits de lettres bouleversantes envoyées au père Jean par les détenus.

On terminera en soulignant aussi la collection d'entretiens menés par le journaliste et animateur sur la Première chaîne de Radio-Canada, Pierre Maisonneuve, dont les derniers se sont déroulés en 2006 avec Mgr Ouellet, archevêque de Québec, aujourd'hui au Vatican. La prochaine personnalité-vedette de ces entretiens sera Gilles Vigneault, qui dévoilera sa quête spirituelle.

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Collaboratrice du Devoir

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